samedi 3 octobre 2009
Petit tour au jardin, 26 septembre.
Ça
et là, les perles ont été semées cette nuit par je ne sais quel
malicieux génie. Sur les feuilles effilées du bambou brasillent des
gouttes de pluie, fragiles et frémissantes.
Les coccinelles osent à peine y songer les yeux ouverts. Elles y
plongeront peut-être le bout d’une antenne, histoire d’entamer une
toilette sommaire. 
Juste à côté, quelques fleurs couleur soleil s’éclatent en coquetteries ultimes, désireuses de plaire en bouquet suprême. Se faire espérer, plaire et mourir heureuses. N’est-ce pas le rêve de toutes Belles ?
Les althéas tentent d’émerger en hissant haut des branches estivales de
bien faible notoriété. Rien ne leur servira de se hisser, les
trompettes automnales ont déjà sonné. Sais-tu que ces arbrisseaux
sèment leurs graines à mon insu et se régénèrent ainsi, discrètement
d’abord puis avec cette effronterie qui les caractérise ? J’en retrouve
partout ! Je les rempote avec les moyens du bord et les offre à qui
veut se laisser envahir les plates-bandes.Sympa le jardibricoleur, non
?
Mes
chaises s’ennuient un peu. Elles se mettent autour de la table mais
leur conversation tourne en rond. Elles ne savent toujours pas dans
quel coin se poser. Parfois, je leur tiens compagnie, quand elles
daignent accueillir le soleil et quelques degrés centigrades. C’est un
endroit que les papillons visitent, glissant leurs ailes fragiles où
bon leur semble. Ils savent qu’ils sont les bienvenus.
Dans un recoin, boudeur et bourru, mon vieil arrosoir attend le soir pour plonger son nez dans les affaires des hôtes. Il connaît tout. Il abreuve les uns, désaltère les autres, glougloutant à qui mieux-mieux. Il fait s’épanouir les secrets engourdis… Le plus souvent, je préfère l’abandonner dans les bras de la gouttière percée. Il se régale alors des incontinences du larmier. Son trop-plein de pluie étanchera la soif des gracieuses qui offriront leur corolle au sourire du jardinier.
Contre le mur du garage, le lilas des Indes parachève sa floraison
estivale. Il fut le roi de cet été, lui le chétif arbrisseau occitan
perdu dans mon septentrion.
« Jamais il ne s’épanouira chez toi ! » disaient les incrédules.
Je lui ai offert un mur immaculé, un été torride, une terrasse
accueillante et quelques heures de sieste. Il m’a remercié deux mois de
suite, du matin jusqu’au soir, acceptant ma compagnie et celles des
abeilles.
La
petite fée ne m’a pas rendu visite cette année. Son sourire s’enracine
dans les antipodes. C’est pour cela qu’à mon été il a manqué une
couleur. Une couleur qui s’est blottie pour quelques mois encore juste
derrière l’horizon. Aujourd’hui, mon jardinet entre dans son automne,
tranquille.
lundi 27 octobre 2008
Quelques notes de pluie
La pluie officie sur les
vitres récemment nettoyées. J’aime les vitres propres, sans doute à cause d’un
port éternel de lunettes, les lentilles m’étant interdites. Je suis entré dans
la pièce pour y déranger le silence qui s’y reposait depuis trop longtemps.
Inutile de choisir un CD, il était en place. Jean-Sébastien Bach pour débuter,
comme d’habitude. Bien installé dans mon fauteuil scandinave, je regarde les
passants pressés passer sous la pluie persistante. Les feuilles des bouleaux
pleureurs se chagrinent sur le boulevard et tourbillonnent avant de s’amollir
dans un coin. Les voisins d’en face ont fermé leurs volets et se livrent à des
heures bleues.
Curieusement, la musique se
fait discrète et circulent des questions futiles. Ce sont les seules que je
tente de comprendre, je laisse les autres à ceux qui en veulent.
Pourquoi tu n’écris pas plus souvent ? Parce que je n’ai rien à écrire, tout
simplement ! Parce l’ordinateur n’est pas toujours disponible ! Parce
que mon clavier est en panne d’encre ! Parce je fais mes courses dans le
magasin du coin et que j’y rencontre Daisy et Philippe avec qui j’aime me
tailler une bavette ! Ou Marc et Béatrice ! Parce mes godillots
m’emmènent en vadrouille pendant quelques heures à l’autre bout du canton et
qu’il faut en revenir ! Parce que le robinet de la cuisine fuit et que je
n’ai pas le bon joint et qu’il me faut courir chez le fournisseur !... Et
puis aussi…parce que !
Tu chausses du combien ? Jusqu’à maintenant, je chausse du quarante
trois !
Comment ça va ? Je vais fort bien et j’espère que ça va durer !
J’ai donc répondu à trois
questions importantes, dignes d’avoir une réponse. Pour les autres, il faudra
attendre que la pluie cesse de perler, que l’automne laisse sa place à la
saison suivante, que mon thé refroidisse juste ce qu’il faut…
Le silence de cathédrale de
tout à l’heure a été rompu avec talent. Je change de registre : un disque
des Pink Floyd. À chacun ses goûts !
Dehors, les gouttes de pluie se disputent la place sur les baies. Je n’ai pas envie de sortir mais plutôt un furieux désir : celui de confectionner une tarte au sucre. Tu sais, la fameuse « tart’au chuc » des Chtis ! (Qui a dit que ça faisait grossir ? Les mauvaises langues !... comme d’habitude !).
Remue-ménage dans la cuisine.
Farine, sucre et patati et patata… Ce soir, une belle part au dessert, ne
serait-ce que pour vérifier l’exactitude des dosages, du bon usage des
ingrédients, du bon fonctionnement du four… Je passe sur le reste.
Retour dans le fauteuil. La
pluie officie sur les vitres récemment nettoyées. Je regarde les passants
pressés passer sous la pluie persistante. Les feuilles des bouleaux pleureurs
se chagrinent sur le boulevard et tourbillonnent avant de s’amollir dans un
coin.
La tarte se dore…
Je m’endors…
lundi 21 mai 2007
Mon érable pourpre déplie ses feuilles…pourpres.
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Comme chaque année depuis plus de trente ans, mon érable pourpre déplie ses feuilles…pourpres.
Depuis deux ans, il vit auprès d’un petit groupe de
clématites très coquettes mais bavardes. Il adore lever ses bras tout neufs
vers l’azur et se laisser entortiller intimement par des tiges vertes et
tendres. Quelques fleurs pointillent les lignes verticales et attirent quelques
insectes farfouilleurs. Un petit monde sympathique qui a l’air de bien
s’entendre.
Quand
la pluie tombe dans le silence, alors les gouttes et les feuilles chantent à
l’unisson. Leur concert capte mon attention et je n’arrive pas à m’en détacher.
Ensuite vient le ballet des cascatelles miniatures qui dégringolent les unes
après les autres dans un ballet bondissant. De la plus haute à la plus basse,
elles viennent changer de direction sur mes sabots de bois quand je n’y prends
pas garde.
Il
est plaisant cet orchestre naturel. Un jardin, même tout petit, sait chanter en
toutes circonstances. Les oiseaux n’hésitent jamais à prêter voix forte.
J’allais dire « main forte » mais je ne désire pas mettre les pieds
en un domaine où je risque de perdre la tête en voulant manœuvrer les mots au
doigt et à l’œil.
N’empêche
que c’est un p’tit bonheur cet érable !
jeudi 17 mai 2007
Quelques nouvelles des Rhodotensias...
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Notre
couple coule des heures paisibles, les pieds bien au frais et la pelouse en
guise de couette moelleuse. L’herbe dégouline de pluie de printemps et nos
amoureux se tiennent les pétales. Les étamines se tissent des souvenirs et les
soupirs des pistils se laissent dorloter par les insectes gourmets.
Épousez-vous
mes couleurs ! Que mes yeux s’emplissent de ces sensations auxquelles on
pense en hiver !
« Et
quand le ciel se fera gris, je me souviendrai des jours de lumière. »
Aujourd’hui,
je ne me suis pas assis sur mon banc de pierre. Un escargot y faisait une
sieste de goret. J’ai visité la charmille et les buissons. La grive n’a pas
apprécié ni le chat qui la surveillait, bien calé en équilibre sur le panneau
de bois.
La
dernière pluie de la soirée m’a poussé vers la maison et j’ai laissé mon petit
monde s’endormir…


























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