samedi 24 octobre 2009
La Dame au Chapeau Rouge
Un mardi. Un soir ou
presque. Mes godillots s’impatientaient à la porte. Le vent se hissait
en murmures jusqu’au bord du toit de la maison. La journée m’avait
offert une lumière si vivante que je ne pouvais la laisser me quitter
sans lui faire un petit signe, sans lui envoyer un dernier coup d’œil.
Je me rendis sur la côte ouest. Si tu savais comme mes pas sont légers dans ces cas-là !...
La mer déroulait ses écumes soigneusement et le vent enrubannait ses
humeurs d’attitudes amples et élégantes. Les rochers se laissaient
accoster de bonne grâce. Quelques herbes entêtées ébrouaient leurs
épis, heureuses de contribuer à la fête. Tout me ravissait : l’Océan,
les vagues, le vent, les herbes, les oiseaux, les rochers, les nuages.
Un tourbillon magique.
Je m’étais mis en tête de me trouver un
petit coin tranquille pour m’enivrer de toutes ces belles choses. Un endroit
qui ne serait qu’à moi ce soir. Je passais de rocher en pointe, de
crique en plage, indécis.
C’est une mouette plus rieuse que
d’autres qui m’a guidé. Me voyant perplexe devant cette immensité, elle
se posa sur une pierre qui pouvait me servir de dossier. Vite installé,
je me calais avec délice. Enfin !
J’étais « bien ». Juste ce qu’il faut pour bien se relaxer. Mais là, un peu sur la droite, un petit point rouge qui bouge…
Tu
me connais, je suis discrètement curieux. Je me suis approché comme le
feraient des chasseurs expérimentés. À pas de loup. (De loup de mer
bien entendu !)
La
Dame au Chapeau rouge s’était installée au bord de la falaise. Elle
s’apprêtait à peindre. Son matériel d’aquarelliste rationnellement
posé, le col de son manteau relevé, le couvre-chef bien enfoncé. Je me
tenais à bonne distance, je ne voulais pas qu’elle me remarque.
Son pinceau glissait au rythme des vagues qui déferlaient. Des
mouvements agiles, précis et gracieux. Mais pourquoi le vent ne
touchait-il pas à sa feuille blanche ? Semblait-elle enfermée dans une
bulle ?
Je n’ai rien dit. Je n’ai pas bougé. Ou si peu. J’ai à peine ombré le lieu.
Je me demandais comment un pinceau pouvait-il capturer un fragment de l’éternité de l’océan ?
Comment
la Dame au chapeau rouge, si petite et si fragile devant cette
immensité indestructible, pouvait-elle emporter un instant
d’authenticité ?
Je l’ai regardée, presque longtemps car le soleil cambrait la ligne d’horizon.
Sur
le chemin du retour, alors que je tournais le dos à la mer, j’ai trouvé
un coquillage. Juste un coquillage perdu par une petite sirène. Je suis
rentré à l’heure des encres noires, à l’heure où les étoiles s’écrivent
des histoires à dormir. J’ai posé le coquillage sur la table de nuit.
Ne trouvant pas le sommeil, je l’ai sans cesse appliqué sur mon oreille.
Mes yeux se sont imprégnés des silences et j’ai écouté les murmures secrets de la mer.
La coquille délivrait des chuchotements capturés par amour. La Dame au chapeau rouge avait capturé la lumière, le coquillage la chanson.
Et moi, je suis resté libre !
dimanche 28 juin 2009
Un bon bol d'air
« Tu devrais écrire plus souvent ! »
Voilà une phrase que j’entends parfois et à laquelle je réponds invariablement que je n’ai pas le temps !
Dès
le matin, mon emploi du temps « au vert bouquet ». (Je ne sais pas trop
pourquoi ma belle-sœur répète ces mots mais elle court, elle court,
elle court… Et comme j’aime bien ma belle-sœur, j’aime bien ses mots
également,… quand elle a le temps !).
Il faut que je te dise
qu’un jour ma belle-sœur « au vert bouquet » m’a emmené en voiture à
son bureau. Elle possède une espèce de petit bolide « décape aux tables
» qui vous remue le déjeuner en quelques minutes entre deux feux
rouges. Je n’ai jamais traversé la ville aussi vite ! Pour te dire, je
n’ai même pas vu la couleur des feux ! D’ailleurs, des couleurs, je ne
devais pas en avoir beaucoup !...
Elle s’est garée juste
devant le bureau ! Elle fait partie de ces gens qui trouvent toujours
une place pour la voiture et au bon endroit. Et hop ! Un créneau
par-dessus le marché ! Quand je prends mon automobile pour me rendre en
ville, c’est toute une expédition : d’abord, je cherche une autre
solution mais c’est souvent peine perdue.
Je me demande à chaque fois comment on peut se déplacer sans enfreindre le code de la route ?
Au
signal « stop », j’ai l’habitude de m’arrêter. L’observation des autres
conducteurs m’a laissé perplexe : aucun ne s’arrête ! De plus, je me
fais baptiser de noms d’oiseaux exotiques et klaxonner quand je
respecte le panneau. Si « stop » signifie « Alors Grand-père ? Tu
avances ? » alors les mots « arrêt facultatif à la balise » doivent
signifier « Fonce Papy ! » …
On a réformé le code de la route et on ne m’a rien dit ?
Nul n’est sensé ignorer la loi ?
Et
que fait-on du bon aloi ? Mais comme tu sais que je n’aime pas la
ville, je pense que tu comprendras que les occasions sont bonnes pour
m’en éloigner, bien calés dans mes godillots ! Comme par exemple cette
petite promenade en Normandie.
Je ne sais pas si ce sera
difficile pour toi mais essaie de t’imaginer une mer bleue. Pas un bleu
bateau !…quoique… Imagine un bleu soleil avec des rayons tièdes que le
vent agace parfois, juste pour t’asticoter le bout du nez et les
oreilles.
Imagine un sentier qui t’emmène tout en haut d’une falaise blanche et franche comme du bon lait.
Imagine
tes petits poumons qui se remplissent de « rumeurs océanes » et qui te
font dire « Faut qu’j’arrête de fumer ! ». Il parait qu’il y en a
encore qui fument ! Si !si ! Je t’assure !...
Imagine donc que tes petits poumons soient devenus tout grands et pleins de bon air frais.
Imagine que tu arrives là-haut, au bout du chemin et que tu vois :
Je suis actuellement dans un petit coin de Bretagne, du côté de Perros-Guirec. J'ai mes godillots aux pieds et le nez au vent... ben oui, c'est un message "programmé"!
Une pensée pleine de tendresse et d'humeur marine à chacune et chacun d'entre vous!
PS:J'embrasse les personnes qui me prétendent paresseux!
vendredi 29 mai 2009
Content du Contentin, premier sentier.
Ce brave diésélito avait ronronné tout au long de
mon chemin, sans la moindre expectoration. Il m’a emmené sans
rechigner, toujours fidèle, jusqu’à la presqu’île.
J’avais déjà
foulé cette terre du bord de mer, un peu de cette petite Irlande où
l’air est si différent… Je m’étais promis d’y revenir.
J’ai d’abord voulu savoir ce que le chemin côtier avait à me dire. Juste de
quoi poser les pieds, des herbes drues, des buissons grouillants, et un
bon sens de l’équilibre.
Quelques mètres, quelques respirations et l’APN sortait de la poche. Une pause pour une pose à chaque coup de vent, chaque bruissement d’ailes, à chaque murmure perçu entre les rochers. Il y régnait une atmosphère étrange, magique… Quelque chose dans l’air, quelque chose et moi. Au loin, la plage de Sciotot me tendait les bras.
J’aime cette valse-partage entre l’eau et la terre, entre les hautes et
basses humeurs des lieux. Une plage si menue destinée aux petits pieds,
une plage si démesurée destinée aux grandes solitudes…
Et toujours ce sentier qui avance. Qu’y a-t-il derrière le prochain
virage ? Un mystère enrobé d’une bolée d’air, une rumeur marine ficelée
par une aventure improbable.
J’aime m’arrêter et sentir la terre tourner. Voir au loin et plonger le
regard dans une ligne horizontale arrondie. De quoi faire bondir les
profs de math de mes autrefois qui se perdent. Comment leur expliquer
que l’horizon n’est pas une ligne horizontale ?
Sourire.
Soudain, des cris, des voix neptuniennes…
Étrangeté des sons perçus.
Dans ce bleu soleil qui m’éclabousse, là ! Des ronds dans l’eau !
Dans le grand silence bleu, les dauphins jouent, crient, s’interpellent, sautent…
Toute une troupe !
Mon APN est impuissant devant ce spectacle. Tu vois, si tu ouvres grand
tes yeux, tu pourras sans doute les deviner sur ces quelques photos. À
chaque déclenchement, ils étaient en plongée et ne reparaissaient
qu’entre deux prises clichés. Bandes de galopins !
C’est
ainsi que j’ai passé quelques jours en Normandie. Dans le Cotentin pour
être plus précis. Un département où je reposerai volontiers mes pas un
de ces jours… 
En attendant, je lis vos messages si réconfortants… Une liste longue comme un banc d’huîtres sauvages. Mais il y a aussi le quotidien à gérer, mes soixante-quatre mètres carrés, les petits, Diésélito le coquet,…
jeudi 12 mars 2009
La Mer me manque...
La mer me manque. Le jour comme la nuit. Parfois je me demande si ces propos mystérieux captés autrefois lors des conversations des adultes n'avaient pas une petite part de vérité. Il y était question d'un enfant conçu sur un bateau. Aujourd'hui ce mystère a perdu définitivement sa clé, engloutie par le temps qui passe. Ne me reste que la question.
Pourquoi mes pas m'amènent toujours vers l'eau ? L'eau dormante, l'eau courante, l'eau de mer. La dernière a ma préférence.
Les
beaux jours sont de retour. Ils se hâtent le matin, et s'éternisent le
soir. D'équinoxe en solstice, le calendrier s'effeuille.
Mes godillots frémissent de plaisir, ils savent qu'ils vont pouvoir s'extérioriser.
Tu
sais, mes hivers se passent en mêlant les souvenirs des jours d'avant
et en préparant ceux d'après. Un tricot de souvenirs et de projets qui
s'éclairent et se stimulent les uns les autres.
Lundi après
midi. Pendant que les actifs s'activent, je profite des rayons de
soleil fraichement déballés de la nouvelle collection pour me laisser
emmener en solitude vers le vieux canal, le port fluvial, la gare
d'eau.
J'avoue que je m'y rends par défaut, la mer est trop
loin pour une petite promenade. Deux heures de plus me suffiraient mais
tu sais bien que ce n'est pas toujours possible ! (Oui ! C'est à toi
que je m'adresse !)
D'abord
le petit chemin utilisé naguère par les bateliers. La nature a repris
le dessus et c'est tout aussi bien. Je longe le grand canal. Lui
pourrait m'emmener vers la Mer du Nord…
Le vieux pont de chemin de fer oublié par les hommes
me permet de traverser l'eau qui dort. Ne le dis à personne, il est
interdit de passer par là ! Tu risquerais de réveiller les habitants
des lieux : les fées et les lutins, les ombres et les reflets.
As-tu remarqué comme la rouille accompagne bien les couchers de soleil ?
Mais ce n'est pas le plus important. J'aimerais que
tu arrêtes ton regard sur mon ciel. Regarde comme son bleu se ouate
joliment ! Regarde comme les nuages se pelotonnent les uns contre les
autres !
Un moment hors du temps. Quelques oiseaux sont venus
dans les branches et m'ont confié leurs petites histoires. Une mésange
solitaire, jolie comme un matin d'avril, m'a confié que… mais c'est un
secret, et il doit le rester.
Enfin, je dois t'avouer que je suis un égoïste ! Je me suis accaparé ces photos et les ai regardées longtemps avant de les publier. Tu m'en veux, dis ?
samedi 17 janvier 2009
Cancale, premier matin
Cancale.
Dès le lendemain matin, je m’étais mis en tête de découvrir la mer. De redécouvrir la Mer. Je l’avais décidé la veille, peu après mon arrivée. La nuit était tombée et des vagues je n’avais entendu que les chants. Pourquoi étais-je tant attiré par ces rivages ?
Toujours le regard rivé vers le couchant. La lumière du jour se faisait belle rien que pour moi. Personne n’en devait douter ! Une lumière digne de regards amoureux. Une lumière incorruptible qui enveloppait les derniers silences d’une nuit qui hésitait à passer de l’autre côté de l’horizon. D’une nuit discrète qui se dévoilait comme une sirène sortant de la brume. La baie s’offrait toute entière au passager d’un instant.
« Ils » m’avaient laissé le quai, la jetée, la plage ! « Ils » avaient senti que j’avais besoin viscéralement de ces moments de solitude ! Les ébats de la nuit les ayant exténuées, les vagues tentaient une trêve salutaire en brodant une grève solitaire. Les huîtres somnolaient encore, égales à elles-mêmes, bien calfeutrées entre leurs coquilles opalines.
Personne sur le quai. Je fis une pause au beau milieu du site. Mes godillots n’en revenaient pas… Trois cent-soixante degrés plus tard, j’étais revenu à mon point de départ.
Je suis allé saluer les parcs qui se découvraient à peine. Timidement. La vie s’éveillait graduellement. Regards qui se croisaient toujours dans le même silence. Dans la même méfiance envers cet insolite promeneur matinal.
Une femme sourit. Bonjours échangés. Elle s’éloigna dans le gris et disparut. Était-ce une sirène ? Moments subtils où se mêlent les éléments qui font ma vie. Il faut que je te dise : j’étais heureux.
Sur la jetée, je plongeais par habitude les mains dans mes poches. L’air était vif, le vent déploya une ride ou deux et s’engouffra entre les bateaux qui dormaient.
Personne à bord. Ou pas encore. Dans quelques heures je croiserai le regard horizon des hommes de la mer. Ils ne me verront pas, leur regard portera déjà trop loin. Ils glisseront sur les flots en me tournant le dos. Et les vagues s’écarteront, les laissant passer sans un mot. Posant leurs filets, ils ne sentiront guère le sel qui grave les rides sur les fronts éventés. Leur fier bateau semblera un frêle esquif balloté au gré des humeurs de Neptune. Eux, ces hardis marins, surnageront sereins. Ils ramèneront à la maison de quoi nourrir la maisonnée. Les filets remontés grouilleront de poissons frétillants ou d’espérances contrariées par un vide absolu.
Ma flânerie cessera au bout de la jetée, là où leur monde commence.
Découvrez Vangelis!
dimanche 7 septembre 2008
Il y a des jours...
Il y a des jours où même la terre semble ne pas tourner rond. Depuis quelques jours je n’y trouve que des coins. J’ai beau essayer sans cesse d’arrondir les angles, je découvre sous chaque respiration, sous chaque pas, sous chaque signe extérieur une arête que je ne parviens guère à avaler.
Il y des jours où mon fruit préféré se fait amer, où les pépins de raisin ne font que s’écraser sous mes semelles dans une cuisine fraîchement nettoyée, où les mots les plus anodins se couvrent de piquants, où les élans les plus amicaux se heurtent aux murs, où les gestes de préservation de mon quotidien se fissurent.
Il y a des jours où je perds à chacune de mes parties de cartes solitaires, où les petits enfants me manquent, où l’on n’arrive pas à se faire comprendre de l’autre, où l’on ne comprend pas l’autre, où le chat ne fait que miauler en pleine nuit.
Il y a des jours gris où le moral ne parvient pas à se colorer, où le soleil manque plus d’autres jours, où même le miel n’a pas le goût de miel, où l’absence d’un ami ou d’une amie est plus pesante que le plomb du ciel.
Il y a des jours pires que d’autres encore. Des jours où l’on perd un ami. Ou une amie.
Et puis il y a les jours où l’on retrouve les photos d’une escapade au bord de la mer, où les vagues étaient venues nous caresser la plante des pieds, où nos pensées s’envolaient avec légèreté, où notre main en tenait une autre, où même les oiseaux semblaient sourire.
Il y a les jours où le pain est juste assez cuit et nourrit même nos narines, où la confiture sent bon les abeilles ivres de soleil, où soixante-quatre mètres carrés de jardin illuminent la journée qui commence.
Il y a les jours où l’on apprend que l’amitié est fidèle au rendez-vous, où l’on peut gambader comme un fou, où l’on échange des regards sans arrière-pensées, où l’on se donne des baisers pour le plaisir de les donner.
Il y a ces jours bénis où la moindre miette nous ravi, où la main d’un ami est plus précieuse qu’un rubis, où l’on sourit à la vie.Oui.
J’ai retrouvé ces photos que j’ai gardées pour mon plaisir. Égoïstement. Je te les offre. Je les ai prises sur une plage où je me sentais particulièrement…bien.
vendredi 15 août 2008
Bretonnade de Juin 2008 (Suite)
« Je sais que tu me croiras si je te dis que je revois encore les deux visages. Il avait des rides sur le front, elle avait des mains tendres et douces. Il avait des cheveux d' écume, elle avait un regard océan. C' est grâce à ces détails que je les reconnaîtrai lors de notre prochaine rencontre. »
Ceux qui m’ont fait l’honneur de lire ces lignes Bretonnade de Juin 2008 (Pors-Piron) s’en souviennent sans doute…Figurez-vous que Franzesca m’a envoyé une photo qui a ressuscité de doux souvenirs.
Étonnant, non?
Je suis très attaché à ces souvenirs fugitifs qui traversent notre vie sans bruit. Une rencontre, un sourire, une poignée de main, un baiser, un bouquet de fleurs, un visage, un chemin… Ils ont l’air de si peu de choses mais peuvent changer ou remplir une vie. J’entends encore le timbre légèrement voilé qui m’a interpelé. Je me souviens du petit signe de la main, tout au bout du chemin. Ce sont ces petits bonheurs dont je suis friand.
Je me couche tard, ou tôt, cela dépend de l’heure à laquelle on regarde la pendule. À peine passé en position horizontale, je ferme les yeux sur les petits bonheurs que j’ai cueillis dans ma journée. Je suis toujours étonné par leur nombre, ce n’est plus un bouquet, c’est une gerbe ! J’avoue que c’est une question d’entrainement…
Un exemple tout simple : hier matin, pour mon petit déjeuner, j’ai retrouvé une demi-tranche de jambon déposé la veille dans le réfrigérateur. (Hé oui ! Je possède un réfrigérateur à froid ventilé de la marque…mais qu’importe, ce n’est pas le sujet !). Si vous saviez comme je me suis régalé ! Je me régale de m’être régalé ! J’ai découpé la couenne en menus fragments et les ai posés sur ma terrasse. Et hop ! Encore un p’tit bonheur cueilli par là car j’ai vu un merle se régaler et me sourire de contentement.
Ce soir, je ne suis pas encore couché mais je peux déjà commencer ma liste :
-J’ai reçu une belle photo.
-Je me suis souvenu d’une rencontre agréable.
-Gégé m’a dit qu’il m’aimait comme j’étais.
-La P’tite Fée m’a envoyé un bisou par SMS.
-J’ai tondu ma pelouse juste avant l’averse.
-J’ai changé la bonde de mon lavabo sans aucune difficulté.
-Et finalement c’est vrai, je suis très satisfait de mon réfrigérateur à froid ventilé de la marque…(Zut! Il n'y a plus de place!)
vendredi 8 août 2008
Histoires de vent
Je reviens de la mer. Elle s’est installée bien avant moi juste à l’endroit où la terre termine sa ronde. C’était un endroit où rien ne régnait. Qui a commencé ? L’eau ? Les vagues ? Le vent ?
Je me suis donc arrêté un moment. Comme à mon habitude, j’ai regardé le monde passer.
C’est le vent qui a commencé ses petites histoires. D’abord
en me remplissant les poumons à me faire éclater. Il adore, ce fripon, à
ensevelir de sel et d’embruns les verres de mes lunettes. Et moi je l’écoute me
susurrer dans le creux des oreilles ces chroniques de naguère et de demain. Les
bateaux qui passent et qui vont passer. Les marins qui vont, qui viennent et
qui, parfois ne reviennent pas. La marée monte, il hausse le ton. Mais la pêche au ton est interdite !
Lance-t-il en tourbillonnant, emmenant dans sa dinguerie un nuage de sable. À
gauche une petite station balnéaire concentrent ses touristes entre les fanions
bleus, à droite la même chose, en plus grand. Moi au milieu, seul. Je ne sais
pas si tu peux t’imaginer l’étonnement de quelques toutous délaissés qui
viennent me truffer les mains et les cheveux.
Et l’étrange ballet des vagues. Elles dansottent vers
l’horizon, me voyant sourire au vent du large. Les élégantes ne supportent pas
la concurrence. Petit à petit, elles viennent vers moi. Indolentes et souples.
Tendres et flexibles. Elles frisottent leur crête pour mieux me plaire. Elles
savent que je suis sensible à leurs charmes. Elles m’abordent par les pieds, me
caressant discrètement. L’une d’entre elles, plus hardies, prend à cœur de
m’enlacer le mollet. Nous nous promenons ainsi. Un chapeau vert et une dame
croisent notre chemin mouvant. Une baigneuse téméraire flotte sur l’horizon
d’écume.
Je vais, fasciné, envouté, le regard égaré, flottant entre
deux mondes. Des cris rebondissent de part et d’autre. Des gens et des
oiseaux. Ils me tirent de ma solitude
avant que je ne m’y fonde. Je préfère m’imaginer des voix de sirènes,
harmonieuses, fascinantes.
Le soleil tire les draps de couleurs. La mer bouillonne et m‘entortille. Un doux bien-être m’enveloppe, j’aimerai m’y abandonner…
Il fait beau. Il fait doux. Les vagues dansent. Le vent me soutient. 
Ce soir j'écoute
Glenn Gould (Variations Goldberg)











































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