mardi 28 juillet 2009
Ailleurs
Dans cet ailleurs que je ne cesse de
découvrir, l’air semble meilleur. L’océan me fait vibrer et m’attire
dans un même élan. À l’heure où les vagues changent de couleur, mon âme
se libère de la carapace de citadin où elle se sent si mal à l’aise.
Faire
semblant d’être un bon joueur quand les matchs de la ville sont ouverts
aux tricheurs… être face à soi devant cet ailleurs qui me fascine.
Je t’ai déjà conté mes pas tranquilles, mes songes déserteurs, mes rêves dissidents.
Je
t’ai déjà dit combien j’aimer poser mes pieds nus sur la grève oubliée
des autres ! Combien j’aime les courses éventées dans le jusant !
Combien j’aime sentir ma chemise flotter et battre ma poitrine telle
une voile aurique !
Quel est donc cet évènement qui a fait que je suis comme ça ? Qui a fait que je ne ressemble pas au passant que je croise dans les rues désertes pleines de solitudes ? Qui me conduit et reconduit vers l’Océan et ses caresses éternellement renouvelées ? Qui me plonge dans des silences plus fracassants que la misère posées sur les grands écrans ?Il est trop tard pour que l’on m’explique, pour que l’on pose sur la table du temps passé tous les faits et gestes de mes antécédents. Bien trop tard…
Il me reste l’Océan, lui ne triche pas ! lui ne promet rien ! il me laisse emplir ma mémoire de souvenirs dont seuls les beaux ne mourront jamais. Il est là depuis si longtemps. Il sait « avant » et il sait « après ». Il sait que je suis face à lui sans fard.
Il est dimanche et je suis resté dans mes soixante-quatre mètres
carrés. Les papillons et les abeilles m’ont tenu compagnie sans façon.
Jules Butte le hérisson ne m’a pas rendu visite depuis hier. Il a
dévoré les croquettes du chat de madame de Saint-André. Elle me les
avait données pour le visiteur du soir. Elle en sait des choses, Madame
de Saint-André !... demain je lui rendrai visite et lui conterai
l’évènement. Il me faudra boire poliment une tasse de thé. Elle me
parlera de musique ou de chat, de peinture ou de canevas. Un moment
hors du temps qui me court après.
Je t’en dirai un peu plus une autre fois…
vendredi 17 juillet 2009
Bretonnade seconde 2009
Migration estivale et panne d’ordinateur non
résolue pimentent mon quotidien depuis quelques jours. J’ai brouillonné
quelques lignes et collé quelques photos, histoire de ne pas perdre la
main. Le clavier est toujours couvert de boutons et concurrence les
vivaces plantées dans mes soixante-quatre mètres carrés. Je vais tenter
de vous rendre une petite visite très prochainement. J’espère que la
boite magique qui se pelotonne dans un coin de mon bureau ne fera pas
entendre un grand « Blong! » accompagné d’un écran aux couleurs très
inquiétantes…
Mais on s’habitue à tout, n’est-ce pas?
À bientôt!
Marie
suivait le GR34 depuis plusieurs jours. J’ai partagé les mêmes silences
et les mêmes bruissements pendant quelques heures, sur la côte nord de
l’Armorique.
Je marchais seul et m’arrêtais de temps à autre pour
bien m’imprégner des endroits que je parcourais. Juste avant de prendre
une photo, je posais longuement mon regard.
Alors que j’admirais
les herbes qui dansaient sur l’horizon, Marie apparut et s’arrêta près
de moi. Je n’oublierai ni le son de sa voix ni son regard.
Une
voix légèrement voilée, juste de quoi gratter l’oreille avec élégance.
Une voix qui parlait droit, sans artifice. Un timbre qui ne laisse pas
indifférent.
Son regard direct harponna le mien. Des yeux gris
comme le ciel de chez moi, bordé de noir gracieux. Des gerbes de rides
donnait du croustillant à ses sourires généreux.
Debout au milieu
du sentier, nous échangeâmes nos prénoms. S’appelait-elle vraiment
Marie ? Je ne le saurai jamais mais ça lui allait si bien !
Nous
avons parlé de tout, donc de rien. Nous étions d’accord sur tout, donc
sur rien. Ce qui nous fit bien rire. La recherche d’un sujet de
désaccord nous amusa pendant des lieues. Nous en trouvâmes bien sûr
mais ceci est notre propre histoire. Rien qu’à nous deux.
La journée s’apprêtait à basculer vers la nuit et se confondre avec elle.
Il fallait se quitter.
Marie
me dit Adieu et fit quelques pas. Elle se ravisa, se retourna, revint
vers moi sans hésiter et déposa sur ma joue un « bisou ». Un geste qui
tatoue la mémoire.
Ma journée était complète.
jeudi 25 juin 2009
A bientôt!
Je vais suivre mes godillots en Bretagne nord.
Mon ordinateur montre des symptômes très inquiétants...
Je m'en occuperai dès mon retour.
A bientôt!
dimanche 21 juin 2009
Banc de bord de mer.
La vieille dame était assise sur un banc de pierre
blotti au pied d’un haut mur de Saint-Pierre. Appuyée sur une canne
élégante, elle m’observait, non pas du coin de l’œil, mais bien dans
l’axe. À peine arrivé sur cette plage, j’avais senti son regard se
poser sur moi. Pas un regard hostile, non. Plutôt amicalement moqueur.
Dans ces cas-là, je n’hésite pas : droit au but, j’ai marché vers elle.
« C’est vous le monsieur du Pas-de-Calais ? Je vous ai vu
arriver dans la maison de ma fille… C’est mon gendre qui vous a
accueilli ! Il est gentil mon gendre ! »
Et sa langue se délia pendant de longues minutes. Je savais
tout : la plage et le port, la vie du village et la messe du dimanche,
le pain du boulanger et le lard grillé du charcutier local…
Ce lard grillé, une gourmandise ! Je ne sais pas quel est le «
truc » mais je l’aborde comme une gourmandise. Croustillant et
moelleux, parfumé et délicat. Nul besoin de fourchette ou de couteau,
j’y mords à belles dents.
« Oui, Madame ! J’ai fait la connaissance de ce mets. Et je
m’en fais une fête !... » Et je lui racontais les en-cas improvisés que
j’accompagnais d’un morceau de pain tranché au couteau.
Je lui racontais les bouts de doigts que je léchais afin de ne rien perdre du festin.
Je lui racontais mes lèvres luisantes parsemées de croustilles happées par le bout de la langue.
Je lui racontais mes yeux gourmands rivés à la croûte dorée, mon regard envouté par une cérémonie Curnonskyenne.
Je
lui racontais mes oreilles imprégnées de ces petits craquements de
gaufrettes. Je lui racontais mes narines grandes offertes aux senteurs
de cette spécialité locale…
Je lui racontais tout. Appuyée sur sa canne, elle me regarda
fixement, d’abord avec un sourire grandissant. Brusquement, elle happa
mon épaule. Je sentis une petite main nerveuse s’appuyer fermement.
Je lui offris mon bras et je la déposai à sa porte. Je l’ai
revue deux fois lors de mon séjour. Cinq fois lors du suivant. Racontée
par elle, la plage avait un petit air d’ailleurs, tout en restant au
bas du mur de pierre.
Était-elle la gardienne des lieux ?
vendredi 15 août 2008
Bretonnade de Juin 2008 (Suite)
« Je sais que tu me croiras si je te dis que je revois encore les deux visages. Il avait des rides sur le front, elle avait des mains tendres et douces. Il avait des cheveux d' écume, elle avait un regard océan. C' est grâce à ces détails que je les reconnaîtrai lors de notre prochaine rencontre. »
Ceux qui m’ont fait l’honneur de lire ces lignes Bretonnade de Juin 2008 (Pors-Piron) s’en souviennent sans doute…Figurez-vous que Franzesca m’a envoyé une photo qui a ressuscité de doux souvenirs.
Étonnant, non?
Je suis très attaché à ces souvenirs fugitifs qui traversent notre vie sans bruit. Une rencontre, un sourire, une poignée de main, un baiser, un bouquet de fleurs, un visage, un chemin… Ils ont l’air de si peu de choses mais peuvent changer ou remplir une vie. J’entends encore le timbre légèrement voilé qui m’a interpelé. Je me souviens du petit signe de la main, tout au bout du chemin. Ce sont ces petits bonheurs dont je suis friand.
Je me couche tard, ou tôt, cela dépend de l’heure à laquelle on regarde la pendule. À peine passé en position horizontale, je ferme les yeux sur les petits bonheurs que j’ai cueillis dans ma journée. Je suis toujours étonné par leur nombre, ce n’est plus un bouquet, c’est une gerbe ! J’avoue que c’est une question d’entrainement…
Un exemple tout simple : hier matin, pour mon petit déjeuner, j’ai retrouvé une demi-tranche de jambon déposé la veille dans le réfrigérateur. (Hé oui ! Je possède un réfrigérateur à froid ventilé de la marque…mais qu’importe, ce n’est pas le sujet !). Si vous saviez comme je me suis régalé ! Je me régale de m’être régalé ! J’ai découpé la couenne en menus fragments et les ai posés sur ma terrasse. Et hop ! Encore un p’tit bonheur cueilli par là car j’ai vu un merle se régaler et me sourire de contentement.
Ce soir, je ne suis pas encore couché mais je peux déjà commencer ma liste :
-J’ai reçu une belle photo.
-Je me suis souvenu d’une rencontre agréable.
-Gégé m’a dit qu’il m’aimait comme j’étais.
-La P’tite Fée m’a envoyé un bisou par SMS.
-J’ai tondu ma pelouse juste avant l’averse.
-J’ai changé la bonde de mon lavabo sans aucune difficulté.
-Et finalement c’est vrai, je suis très satisfait de mon réfrigérateur à froid ventilé de la marque…(Zut! Il n'y a plus de place!)
lundi 21 juillet 2008
Bretonnade de juin 2008 (6) Ste Anne-la-Palud
J’ai posé mon doigt sur la carte et je me suis dit : c’est là et aujourd’hui.Je voulais voir le bord du monde.D’abord des maisons, un village, une commune, des rues, une communauté. Et puis des gens… Je crois car je n’ai croisé personne ! Une place pour garer diésélito, il ne serait pas seul pendant les prochaines heures. Même pas un touriste imprudent, ni un baigneur téméraire. Pas même un pêcheur…
Alors j’ai marché, le nez au vent
pour ne rien manquer de l’endroit. J’ai gardé les pieds entre les mondes, le
solide et le liquide. Le ferme et le fluide. Quelques longues vagues
étrangement familières ont tenté de me déséquilibrer sans succès. L’océan
semble sommeiller et se hausse et se balance comme une respiration nocturne. Ses
houles sont confidentielles et la plage n’est plus qu’un lieu de répit de l’âme
et du corps. Le ciel et la mer m’enveloppent dans un balancement entre les
flots calmes et l’espace infini. Quelques oiseaux troublent une quiétude
illimitée et leur vol m’est une friandise si exquise.
Soudain, l’étonnement. Ils ont
réussi à capturer le soleil. Ils l’ont enchaîné au risque de le noyer à la
prochaine marée. Non. Ce n’est qu’une bouée dont le reflet se jouait de moi.
Eau et lumière sont des terrains de jeux que dame nature emploie à notre insu.
Je n’oserai pas te dire combien de temps je suis resté là mais quelques oiseaux en rient encore…
mardi 15 juillet 2008
Bretonnade de juin 2008 (5) Pors Piron
Et cette plage, découverte par hasard au cours de l’une de mes promenades, la connais-tu ? J’ai suivi le soleil, la petite route sous les arbres, les ombres diffuses de la placette et le bruit des vagues. Je me suis laissé porter, léger. Le bleu-soleil avait tout imprégné une fois de plus.
Oui, « bleu-soleil » ! Parfois un peu plus bleu que soleil,
parfois un peu plus soleil que bleu. Un couple de promeneurs faisait une pause
sur un muret. Je ne les ai pas vus tout de suite car mon regard était plongé
droit devant. Je me suis arrêté, bien planté dans mes fidèles godillots. J’ai
fermé les paupières et j’ai laissé le vent porter vers mes narines ce parfum du
large si particulier. La mer. Elle était là. J’étais là. J’étais là pour elle.
J’étais à elle. J’allais ouvrir mes ailes et m’envoler vers l’horizon. Encore
une bouffée. Plus salée que la précédente, non ! plus iodée. Non !
Plus océane. Oui ! Plus « océane »…
« Ça nous fait aussi cet effet-là ! Et pourtant
nous la connaissons bien cette plage ! Nous y sommes presque
nés ! »
La petite voix venait du muret, fluette comme le sable d’un sablier. Ma place était libre, sur le banc de pierre.
Et nous avons bavardé. Des mots éternels et des sourires paisibles. Des regards riches et des intonations sereines. Puis les promeneurs de la mer se sont levés et ont repris leur chemin. je suis resté assis jusqu’à ce qu’ils disparaissent derrière les fougères. Les vagues ne fredonnaient plus leurs roulis sur le même ton.
Je sais que tu me croiras si je te dis que je revois encore les deux
visages. Il avait des rides sur le front, elle avait des mains tendres et
douces. Il avait des cheveux d’écume, elle avait un regard océan. C’est grâce à
ces détails que je les reconnaitrai lors de notre prochaine rencontre.
mercredi 9 juillet 2008
Bretonnade de juin 2008 (4) Pont-Aven

Le long de l’Aven, les reflets racontent. L’un
d’entre eux conte ici d’exquises caresses de toiles célèbres. Un autre sourit
encore d’un coup de pinceau maladroit (ou trop adroit) qui fit la gloire de son
auteur. Un troisième ressuscite dans l’air doux du moment quelques souvenirs et
les fait flotter autour de quelques touristes, histoire de les taquiner
discrètement. Je me suis assis sur un parapet de pierre, aussi confortable que
mon banc. Je me suis penché et je t’assure, je n’ai pas osé prendre un cliché.
Pas tout de suite… la lumière jouait dans les vaguelettes, bondissait et
rebondissait d’une crête à l’autre, laissant derrière des myriades
d’arcs-en-ciel impressionnant le regard du néophyte.
La lumière du jour vient
se blottir en tendresse parmi les roches et les fleurs. Je crois n’avoir jamais
vu endroit aussi …beau. Tout semble sorti d’un tableau irréprochable, parfait,
sublime. Chaque reflet, d’où qu’il vienne, s’accroche à ce qu’il
rencontre ; ainsi les feuilles des arbres penchés deviennent songeuses. De
quoi réveiller des rêves enfouis, présumés disparus. L’eau galope et son écume
se transmute en or, la magie est présente. L’écume devient louis, le clapotis tintinnabule.
J’ai insisté, je suis resté longtemps. J’ai écouté avec gourmandise. Il faut
bien tendre l’oreille… ce que j’ai entendu, tout auréolé de
musiques m’étonne encore : quatorze moulins et quinze maisons
vivaient ici !
J’ai passé le seuil de nombreuses galeries. J’ai posé mon
regard sur des merveilles. J’ai voyagé d’un coup d’œil. Ici j’ai plongé dans
une palette dont je ne soupçonnais même pas l’intensité. Là, j’ai échangé
quelques mots avec un peintre qui venait de si loin mais qui ne se nommait pas
Gauguin. Ailleurs j’ai croisé le sourire d’une dame au chapeau, élégante, avec
laquelle l’instant s’est épanoui comme une fleur dans mes
soixante-quatre-mètres-carrés.
C’est alors que le soleil est apparu. Les volets
n’ont même pas osé claquer. Le ciel qui semblait si attristé par je ne sais
quelle vilaine occurrence, a semblé soudainement saisir dans ses bras les gens
qui passaient dans la rue. L’Aven applaudit. Il ira le raconter à l’océan en se
faufilant entre les blocs de granit.
Une dernière fois, je le salue avant de
revenir dans le monde des autres. J’ai pris cette photo juste au moment des
adieux, à l’heure où la petite fée se fait belle, comme si elle en avait
besoin…
dimanche 6 juillet 2008
Bretonnade de juin 2008 (3) La Pointe du Van
Bretagne. Bretagne grise, Bretagne bleue. Bretagne bise, Bretagne caresse. Bretagne qui crie, Bretagne qui mord. Bretagne qui pleure, Bretagne qui chante.
Aujourd’hui, tu t’es parée de bleu soleil. Savais-tu que je venais jusqu’au bout de toi ?
Vêtue de ta sauvage verdure, parée de tes pierres millénaires, le front à peine voilé d’azur…
Je vis loin de tes bras, loin de tes regards. Le monde tente de me bander les yeux, jaloux de ce que je ressens pour toi. Dès mon réveil, mes yeux se posent sur mon jardinet, puis vers l’horizon de l’ouest. C’est ainsi. Ici et là-bas.
Aujourd’hui, tu t’es parée de bleu soleil alors je m’approche à la vitesse du couchant. Diésélito m’a amené en douceur vers la Pointe du Van, la sœur de la Pointe du Raz. Il s’est rangé discrètement, il y a ce qu’il faut.
Je marche vers la mer, je compte mes pas. Je me dirige vers la Chapelle saint-They. Je souris. Déjà heureux de redécouvrir l’endroit. Murs jaillis de l’histoire continue des hommes. Les yeux s’emplissent de toute cette lumière, le vent m’enveloppe amicalement et m’invite à continuer ma visite. La pierre se fait tendre, elle offre ses plus belles aptitudes à ceux qui s’arrêtent, à ceux qui savent encore lever les yeux. À ceux qui savent encore les ouvrir tout simplement. Un couple de touristes s’étonne de me voir penché sur une si petite créature… et s’étonne de me voir admirer le toit… et s’étonne de me voir sourire…
Je marche sur le bord de la falaise. Le sentier est aérien. Plus bas, les vagues se coursent comme des folles. Elles taquinent et agacent les rochers salivant d’écume. Je ne veux pas troubler leurs jeux. Leur cour de récréation est bien trop jolie…
La journée est bien entamée, et le soleil file vers l’occident. La Pointe du Raz s’étire, le dos harassé, labouré, sillonné par des flots incessants de touristes diurnes. La nuit, elle reprendra ses conversations avec les vagues, je le sais. Ne me demande pas comment, ni pourquoi je sais.
Maintenant, tu t’arrêtes… tu
regardes loin, très loin… l’Ile de sein… J’aime y respirer par la
grande porte. Je n’y suis pas allé cette année. Ni sur une autre île. La
prochaine fois…
Ce soir, sur ARTE, je vais regarder pour
la Nième fois : Jeremiah Johnson
jeudi 3 juillet 2008
Bretonnade de juin 2008 (2) La Pointe de la Jument
Une
flânerie en solitude, manière que je préfère et de loin pour arpenter le
moindre recoin comme toujours, à mon habitude.
Voici la pointe de la Jument. Un sentier y mène facilement. Rien ne m’est plus cher que ces moments où l’horizon tout rond m’éloigne de la platitude.Ce sont les fougères qui ondulent, la terre battue qui disparaît sous une palme chlorophylle. J’oublie les vapeurs de la ville. Je ne pense qu’à respirer.
Du bleu soleil de l’immense baie,j’en
veux pour toute mon année. J’en veux pour partager avec ceux qui n’ont pu y
accéder.
Je
veux te donner du soleil, pas la chaleur torride qui brûle et qui afflige, non.
Rien que cette douceur qui nous cotonne au bord de l’âtre quand la bise se fait
cruelle. Rien que cette délicate sensation qui nous pousserait si
facilement au rêve. Écoute : voici mon amicale épaule : elle est pour
toi. Ne fuis pas le bord du chemin, la falaise n’est jamais assassine. Bien sûr,
les rochers s’écument et la mer se plisse les vagues à jouer ainsi depuis le
soir de la nuit des temps. Mais ce sont leurs jeux et les hommes n’en sont que
spectateurs impuissants et béats.
Alors fais comme moi, plonge toi dans cette
béatitude et laisse-toi porter… prends tes godillots, tes pieds te
remercieront. Prends ton sac et ton bâton de marche et suis-moi, le temps de
quelques lignes. Je ne te garantis pas le bout du chemin. Ce dont je suis
certain c’est que tu retrouveras une bouffée d’énergie assagie.
Un
pied devant l’autre encore et toujours. As-remarqué comme ton pas se fait léger ?
Tes sens t’emmènent plus loin que tu ne le crois ! L’air se fait léger et
les soucis tous envolés le temps d’une flânerie.
De
tels petits bonheurs, tu ne dois pas hésiter à les cueillir, même du bout des
yeux ou de tes pensées.
Tu peux me croire…
et pour ceux qui aiment la musique de Claude Debussy: Jeux de vagues (La Mer)-Debussy








































Mes photos