Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et un peu plus loin.

vendredi 9 octobre 2009

Le silence reprit ses droits.

Jardin 290709

 

Le silence reprit ses droits. Le jardin renonça à dissimuler sa magie. Et ses mystères aussi.
Les gouttes d’eau s’animèrent, se tournant les unes vers les autres. Elles s’échangèrent des éclats d’argent, des clins d’œil retenus depuis trop longtemps. Elles qui frémissaient en silence se mettaient à danser. Les rumeurs de la ville les effleuraient à peine, celles de la campagne toute proche les ensorcelaient bien plus fort.
Jardin 020909La nuit dégrafa son corsage, exposant les novas d’un ailleurs inaccessible. Le banc de pierre se taisait. Devant toutes ces lucioles, sa sagesse se dispersait en pensées si légères… Le jardin dans son ensemble exerçait sur lui un hypnotisme croissant qui le faisait glisser vers une félicité qu’il n’aurait jamais pu imaginer.
Au bord de la terrasse, un oiseau s’était hasardé, perdu peut-être. D’un bond il disparut dans la charmille.

Jardin 270809 (16)

Le mur blanc pouvait se reposer. Heureux d’avoir reflété tant et tant de soleil cet été, il se fondait dans l’ obscurité. Heureux d’avoir laissé le lilas des Indes clôturer sa floraison en pleine gloire, il pouvait enfin se délecter d’un peu plus de lumière de lune. Heureux d’être parvenu au bout de l’été sans défaillir, il ne donnerait plus le tournis aux abeilles leurrées par sa chaleur minérale.
Sous les fougères, quelques violettes clandestines se jettent dans les bras l’une de l’autre, espérant déjà un fringant printemps. leurs soupirs s’entendent jusqu’à moi qui suis blottis sur le pas de la petite porte de bois de chêne.
C’est un endroit merveilleux. J’y vois tant de choses.
Tu n’es pas obligé de me croire mais quand la magie se manifeste, c’est d’abord par ces soupirs inaudibles pour celui qui ne veut les entendre.
Puis c’est le tamaris qui balance ses branches, saluant les hôtes secrets des lieux. Le mouvement des rameaux épouse le mouvement des nuages qu’on ne voit qu’en mirage dans les flaques de la dernière ondée.
La charmille cache les murmures des amours clandestines. Des baisers d’oiseaux s’échangent. Des coléoptères amoureux s’échangent un bruissement d’élytre et s’endorment, béatement.
Le minuscule bassin devient océan, charriant les aventures exotiques de quelques anophèles égarés.
Mais l’herbe ? Que devient cette herbe autrefois si dense ? Elle redevient ce qu’elle fut, tapis magique, moquette chlorophylle. Un peu de pluie, juste un peu d’eau récupérée, quelques tendres câlins. Rien de plus...
Mais il se fait tard, il me faut porter ce corps qui m’accompagne dans un lit. Je me dois de l’inciter à se reposer. Il ne me demande que quelques heures chaque nuit.

Jardin 270809 (20)

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samedi 3 octobre 2009

Petit tour au jardin, 26 septembre.

Jardin 260909 (15)pluieÇa et là, les perles ont été semées cette nuit par je ne sais quel malicieux génie. Sur les feuilles effilées du bambou brasillent des gouttes de pluie, fragiles et frémissantes.Jardin 260909 (14)pluie Les coccinelles osent à peine y songer les yeux ouverts. Elles y plongeront peut-être le bout d’une antenne, histoire d’entamer une toilette sommaire.
Jardin 260909 (5)pluie

Juste à côté, quelques fleurs couleur soleil s’éclatent en coquetteries ultimes, désireuses de plaire en bouquet suprême. Se faire espérer, plaire et mourir heureuses. N’est-ce pas le rêve de toutes Belles ?

Copie de Jardin 260909 (2)pluie Les althéas tentent d’émerger en hissant haut des branches estivales de bien faible notoriété. Rien ne leur servira de se hisser, les trompettes automnales ont déjà sonné. Sais-tu que ces arbrisseaux sèment leurs graines à mon insu et se régénèrent ainsi, discrètement d’abord puis avec cette effronterie qui les caractérise ? J’en retrouve partout ! Je les rempote avec les moyens du bord et les offre à qui veut se laisser envahir les plates-bandes.Sympa le jardibricoleur, non ?

Jardin 260909 (3)pluie Copie de Jardin 260909 (4)pluie

Mes chaises s’ennuient un peu. Elles se mettent autour de la table mais leur conversation tourne en rond. Elles ne savent toujours pas dans quel coin se poser. Parfois, je leur tiens compagnie, quand elles daignent accueillir le soleil et quelques degrés centigrades. C’est un endroit que les papillons visitent, glissant leurs ailes fragiles où bon leur semble. Ils savent qu’ils sont les bienvenus.Jardin 260909 (19)pluie copie

 

Dans un recoin, boudeur et bourru, mon vieil arrosoir attend le soir pour plonger son nez dans les affaires des hôtes. Il connaît tout. Il abreuve les uns, désaltère les autres, glougloutant à qui mieux-mieux. Il fait s’épanouir les secrets engourdis… Le plus souvent, je préfère l’abandonner dans les bras de la gouttière percée. Il se régale alors des incontinences du larmier. Son trop-plein de pluie étanchera la soif des gracieuses qui offriront leur corolle au sourire du jardinier.

Lilas des indes et hydrangéa Contre le mur du garage, le lilas des Indes parachève sa floraison estivale. Il fut le roi de cet été, lui le chétif arbrisseau occitan perdu dans mon septentrion.
« Jamais il ne s’épanouira chez toi ! » disaient les incrédules.
Hydrangéa et Lilas des Indes Je lui ai offert un mur immaculé, un été torride, une terrasse accueillante et quelques heures de sieste. Il m’a remercié deux mois de suite, du matin jusqu’au soir, acceptant ma compagnie et celles des abeilles.Jardin 260909 (17)pluieLa petite fée ne m’a pas rendu visite cette année. Son sourire s’enracine dans les antipodes. C’est pour cela qu’à mon été il a manqué une couleur. Une couleur qui s’est blottie pour quelques mois encore juste derrière l’horizon. Aujourd’hui, mon jardinet entre dans son automne, tranquille.

mardi 29 septembre 2009

Mes souvenirs d’école

Line  m’a proposé d’écrire mes souvenirs d’école. Je me suis posé devant mon clavier et j'ai laissé mes doigts me raconter...
Je me souviens de mes premiers contacts avec l'école. Ce ne sont que les préliminaires d'une longue histoire mais ils me reviennent toujours. Je te livre mes mots, pas toujours riants.

Ce sont quelques lignes posées autrefois. Les souvenirs sont flous et lointains.  Tu peux les lire ici.

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samedi 26 septembre 2009

Le site de Monsieur Jacques.

J'ai fouillé dans mes poches, j'ai retourné ma caisse à outils, j'ai gratté le fond de mes casseroles et je n'ai pas trouvé de mots à déposer ici. Et je passe beaucoup de temps à poser mes regards  sur d'autres blogs avec une connexion fantaisiste. Mais demain est un autre jour, et je sais que ça ira mieux!
Je vous propose le site d'un copain de longue date, que j'ai perdu un peu de vue car nos vies ont pris des directions différentes. Mais pas opposées...
Laissez-vous aller. Et dites-vous bien que son humour est de loin celui que je préfère...
"Faire l'humour, pas la guerre."
Voici le site de Monsieur Jacques.

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samedi 19 septembre 2009

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés...

Jardin 160909 (2)

 

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés, j’aime regarder le soleil prendre ses quartiers de l’ouest.
Jardin 160909 (4) Au début de l’été, je reste assis sur le banc de pierre. Une pierre de grès récupérée il y a bien longtemps au bord de la route. Elle me tendait les bras, abandonnée par un ingrat. Ces pierres se trouvaient nombreuses, disséminées au hasard des décharges ou des travaux. Combien d’entre elles sont ensevelies dans le fond de tranchées ou de dalles coulées, dans un lit de bêton, oubliées à jamais ?
Jardin 160909 (6) Ou alors je m’installe sur une des chaises orange dénichées dans un magasin des environs. Bien confortables et vivant en couple, elles occupent une étagère de mon garage pendant la froide saison. Une belle et grande étagère où règne en maîtresse une triple échelle solitaire.
Jardin 160909 (5) Je reste assis jusqu’aux dernières lueurs. Banale activité me diras-tu ? Peut-être… mais pour qui a été privé un jour de lumière, cette activité est vitale ! Je suis myope, tu le sais également. Le dernier geste avant de m’allonger sur un lit est de poser mes lunettes juste en dessous, prêtes à être saisies au premier bruit, ou à la première lueur du jour… Il me faut les chausser! Ultime lueur du jour, initiale lueur du jour. Je me débrouille pour ne pas les manquer. Dans la mesure du possible.
Jardin 160909 (7) Titannick m’a démontré un jour que je devais en manquer souvent de ces moments-là ! Non ! Lui ai-je répondu. Sa seule présence était lumière. Et ma journée était complète. Que ne ferais-je pas pour dénicher un gros bisou ?... Mais j’avoue qu’elle a raison. La vie est ainsi faite. Je n’ai pas toujours l’occasion d’être présent au spectacle. Alors, en ces moments un peu plus sombres, je me souviens des jours de lumière.
Jardin 160909 (8) Voila pourquoi mes journées grises sont ensoleillées ! Voila pourquoi je n’hésite pas à sourire à qui n’en a pas envie ? Il me le rend, plus ou moins timidement. Ou discrètement. Ou à sa façon. Mais je sens toujours la présence d’un sourire au fond des yeux, parfois au fond du cœur.
Jardin 160909 (9) Je connais bien le nom de deux ou trois réfractaires dont je tairai le nom car Rolland et Gilbert seraient fâchés. En général, je sors des magasins avec le sourire. Et j’essaie de le faire en toute situation, comme hier, à la Sous-Préfecture. Mais où en étais-je ?
Ah oui !... Le coucher de soleil...
Jardin 160909 (13) Je bavarde et le temps a changé de dimensions. Il est de l’autre côté du monde maintenant. Qu’il était beau le lever du soleil de ce matin !
Et que tu étais belle au sortir de ta nuit !Ne me demande pas comment je le sais...
Et toi aussi ! Je t’imagine engourdie, dépliant tes bras, avide de les croiser avec d’autres.
Mais toi aussi ! Ne crois pas que je ne t’imagine pas ! Je te vois te lever, la tête tournée vers la première lumière de la journée.
Jardin 160909 (14) Il fera très beau demain matin.J'irai peut-être au marais.

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés, mes gigantesques soixante quatre mètres carrés, j'ai pris quelques photos, rien que pour toi.

Jardin 160909 (15)

Jardin 160909

dimanche 13 septembre 2009

J'aime les plaisirs simples...

PROMENADE 160809

C’est un chemin tout droit, tout rectiligne. Pourtant, si tu l’empruntes, il t’emmènera juste au bord de la grande route, tu sais, celle qui mène vers le Nord…
Il trace une lumière entre les noisetiers pillés et les herbes que l’on appelle poliment les « indésirables ». Les ronces ne poussent que sur les voies ferrées, à gauche, mais tu ne peux les voir si tu ne quittes pas la ligne droite.
J’y ai vu fleurir les aubépines.
J’y ai vu fleurir l’églantine.
J’y ai vu des fruits sauvages ignorés des promeneurs du dimanche, ceux qui s’encasquettent aux premiers frissons automnaux.
Tu ne peux imaginer la beauté d’un modeste chardon fané se mirant dans les barbotières d’eau évitées. Et le reflet d’un nuage blanc oublié par je ne sais quelle fée étourdie. L’eau est partout.
Combien de fois me suis-je assis sur un banc, parfois seul, parfois près d’un pêcheur, parfois près d’un promeneur fatigué ou songeur ?
Qu’un oiseau s’ébroue dans une flaque et je m’arrête, admiratif. Le prix du spectacle ? Un sourire à Dame Nature.
J’aime les plaisirs simples.

Sarlat TJ2

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samedi 5 septembre 2009

Fin d'une route, début de l'autre...

Lanmodez juin2009 (12)Sillon deTALBERTIl fait beau.
Nous sommes le 31 janvier 1972. Je me souviens bien de la date : trois jours avant mon vingt-quatrième anniversaire.
À peine sur le quai, j’échange quelques mots avec un passant éberlué à qui je ne laisse plus une seule molécule de l’air piquant mais si frais qui règne ici.
Je fais la bise à une vieille dame qui promène son toutou. J’adresse quelques paroles à l’animal qui manifeste exagérément sa joie.
Moi !... J’adresse la parole à un chien qui passe dans la rue ! Et il n’a même pas de chapeau !
Mon regard boit tout ce qu’il voit !
Gloutonnerie, gourmandise, voracité !
J’ai soif de tout ! J’ai faim de tout ! J’ai envie de tout croquer, de tout goûter ! Je veux faire ressurgir de toutes les saveurs enterrées !
Un kiosque à journaux ! Tu ne peux savoir ce que ces mots évoquent pour moi ! Je le regarde, en fait le tour. J’achète deux ou trois journaux, un magazine. Je veux faire durer le plaisir. La dame au bonnet me regarde, un peu perplexe mais elle en a vu d’autres.OP blog 3Je m’éloigne en faisant virevolter mon sac au dessus de ma tête.
Je suis libre. Ma liberté s’écrit en majuscules de lumière.
La ville. Elle me tend les bras. Je ne veux pas qu’elle les referme sur moi. Je les évite.
Au coin d’une avenue sans fin, je croise un monsieur qui me propose des cigarettes. Je continue ma route en riant.
Je file vers la gare. Je sais pourtant que je ne vais pas prendre le train. Toutes directions d’abord. Et la mienne ensuite.OP blog 4Je vais marcher.
Je veux marcher.
Je veux marcher sur l’horizon.
Je veux marcher sur un rayon de soleil. Sur le premier qui m’offrira l’hospitalité.
Le vent d’hiver m’accueille plein d’ardeur. Mon front le subit avec joie, mon bachi n’étant plus de mise. La route n’est pas droite. Enfin.

HORIZON OP 020809

Au fond, je n’ai pas choisi ce moment. C’est lui qui m’a choisi. Il a du goût ! Ses choix sont les meilleurs !
Mes jambes n’en peuvent plus, elles pétillent de bonheur. Marcher en toute liberté ! Ne pas se heurter aux limites d’un monde confiné à vingt mille lieues sous l’amer.
Et je marche.
Je suis ivre de marche. Mes pas s’abandonnent et se talonnent à l’infini dans une impulsion infiniment renouvelé.
Je chantonne. Je chante et le bruit de mes semelles marque le tempo. Les branches me saluent, le vent crie des bravos, les nuages savent depuis longtemps où je vais.
Je crois que je suis heureux.

OP 140809 oiseaux

Il est toujours 31 janvier 1972.
À chaque moment de ma vie.

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samedi 29 août 2009

la promenade de Constant des Boutons.

CONSTANT 1

Constant saisit les grilles du château. La ferraille rouillée et froide le laissa indifférent. La bâtisse négligée sommeillait depuis trop longtemps. Que faire pour la réveiller ?
Le dernier cantonnier de la commune serra les barreaux de toutes ses forces. Ses mains rugueuses s’incrustèrent dans le métal. Ses plus belles années s’évanouissaient ici et il ne pouvait empêcher cette implacable et féroce machination du temps qui passe…
CONSTANT 3 Erraient encore derrière les bosquets les rires de ses jeunes années. Madeleine aux blondes tresses qui lui donnait de si bonnes confiseries. Murielle la mutine qui lui cachait son béret dans le presbytère. Bernadette qui ne disait jamais rien. Ludovic qui avait perdu un œil au cours d’une bagarre avec les garnements du village voisin.
Ici, la guerre des boutons n’est pas une légende.
Ici, la guerre des boutons était une légende…
Constant est le dernier à l’avoir connue, pratiquée, subie et gagnée. Les jeunes d’aujourd’hui vont trop loin à l’école. Et trop longtemps. Ils ne savent même pas ce qu’est un garde-champêtre ! Ils ne savent pas marauder sans laisser la moindre trace de leur passage !
CONSTANT 2 Constant grommela quelques paroles incompréhensibles et repris le chemin de la maison, une petite main dans la sienne.

-Allez ! Grand-père ! Il est l’heure de rentrer !

dimanche 23 août 2009

Rouge et bleu, un soir...

VOLETSBLEUS TJ 3 210809

À l’ouest, rien de nouveau. Le soleil a revêtu son pyjama polychrome. Quelques replis mal repassés font la différence avec le coucher de la veille. Les paupières mi-closes de la maison aux volets bleus s’écarquillent pour héberger l’haleine fraiche de la nuit. Les pierres encore tièdes respirent, en variant subtilement leurs coloris indomptés.

Tranquille, le tilleul ne berce pas une feuille. Il sait, lui, qu’un moment important de la journée s’annonce.

La terrasse est refaite à neuf. Gilles est le grand spécialiste du bâtiment. Il n’est pourtant pas d’ici mais son savoir-faire a étonné plus d’un autochtone. D’ailleurs, Paul, un habitant du hameau voisin, ne croit pas qu’il est Pas-de-Calaisien comme chacun de nous.

Gilles n’a passé que deux séjours par ici. Le premier pour analyser la situation, la seconde pour l’action. Et quelle action !

Gégé et moi n’avions jamais autant travaillé de notre vie. Trois chantiers s’activaient en parallèle. D’abord la terrasse qui avait souffert d’un manque d’entretien de l’ancien propriétaire des lieux. En quelques coups de truelle et quelques pas de valse, la chose fut accomplie. Pour Gilles ce n’étaient que futilités mais pour nous, il n’en était pas de même. Nos mains si douces étaient devenues râpeuses comme la pierre de lave du pays.

Ensuite, la fenêtre de la grange, qui n’avait plus de raison d’être, s’est vue remplacée par un immense trou béant. C’est là qu’une baie vitrée immense allait nous servir d’écran géant pour voir passer le monde… Des pierres ! Gilles voulait des pierres du pays ! Et nous lui avions apporté ! Des grosses ! Des petites ! Des pansues ! Des dodues ! Des épaisses ! Des corpulentes !

Bien sûr, en bonne logique, j’ai demandé pourquoi beaucoup de "grosses" !
L’homme de l’art, entre deux coups de truelle, marmonna :
-Avec des grosses, tu peux toujours faire des petites ! Mais le contraire ?... faut être de la ville pour y croire !

Le troisième chantier s’attaquait à la toiture de l’appentis. En fait, c’était bien un appentis mais Gégé voulait en faire une remise multi usage de bonne constitution. Quelle aventure !

Finalement, Gilles en a fait une dépendance digne des châteaux-forts de bonne réputation ! Y manquaient les créneaux mais nous préférâmes de pas évoquer ce détail ! Le talent et la puissance de travail de notre compère nous incitèrent à une infinie retenue. Aujourd’hui, ce soir, les travaux sont achevés. Il ne traine aucun outil. Tout est en ordre. La maison aux volets bleus retrouve sa tranquillité. D’ailleurs elle en sourit…

La grande table de bois n’éprouve pas le besoin de se voir parée de fleurs ou de nappe. Assiettes et couverts, bouteilles et verres, coudes et mains nues font bon ménage. Pourquoi se compliquer la vie ? Les sourires, le plaisir de se retrouver ensemble, côte à côte, face à face, les bons mots, les éclats de rire, les larmes de joie…

Le soleil s’est esquivé timidement, clandestinement. Les flammes des bougies se trémoussent dans l’air parfumé du soir. Dick, le vieux chien de la ferme de Roger, dort profondément. Incroyable situation où les hommes veillent sur le sommeil du gardien.

Nous ne sommes pas étonnés de la visite du vieux Gabriel qui passe par là, « par hasard ». Titannick lui a d’ailleurs réservé une place. Toujours la même.

Le repas se déroule dans la plus grande simplicité. Comme d’habitude.

Quand l’heure de la verveine du Velay tintinnabule, le ton monte juste d’un nuage, comme la chaleur de la nuit sur la colline de Roger. Les petits verres se font calices et recueillent la verte liqueur aux accents du pays. Les gosiers s’enflamment, les yeux brillent.

Et dans la lueur frémissante des bougies, nous nous regardons en face.

Oui ! Elles sont magnifiques ces ridules qui s’encanaillent aux coins de nos éclats de rire.

VOLETSBLEUS TJ 2 210809VOLETSBLEUS TJ 1 210809

vendredi 14 août 2009

Les premières...

Ce sont les premières feuilles mortes qui réveillent mon attention. C’est la mi-août qui les a surprises en pleine abondance. Elles ne sont pas mortes de la prochaine saison mais bien de la présente, trop chaude et trop brûlante. Les bacs à fleurs mijotent des potées trop fleuries sous le feu du ciel. Vaincues, les reines d’un jour courbent la tête. Ce balcon sera leur cimetière. 
OP blog5 À deux pas de la Mer du Nord, cette maisonnette s’abandonne aux délices des embruns que les hasards des vents d’ici déposent à leurs pieds. Chaque vague déroule son écume silencieusement et si parfois leur chanson se mêle aux ombres estivales perdues, il leur restera toujours les paroles des grains de sable qui se roulent, se roulent, se roulent… 
OP blog2 Bientôt viendront les jours où l’Écorche-vache et l’Escorche-river se disputeront les lieux en transperçant ces longues voies romaines bordées des dernières forêts. Une maison vide, oubliée par les estivants, laissera son portillon cadencer l’haleine du vent. 
OP blog3 Le cœur du mois d’août bat encore son plein de vie et l’hémorragie des gens génère déjà des nostalgies. À la terrasse des estaminets, on peut choisir sa place. À l’ombre, au soleil. La bière perd son or…
OP blog6 La plage rêve de solitude. Elle attend l’heure des ébats d’hiver entre vague et vent. Les longs rouleaux se déferont enfin.

OP blog7 Les heures de brouillards salés mouilleront les pommettes des chansons fredonnées.

OP blog9 Il est dimanche matin. Je me hâte de porter les croissants encore tièdes dans la maisonnette endormie.

OP blog1

OP blog8  OP blog9

et pour les amateurs... Cliquez

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