Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et souvent un peu plus loin.

mercredi 11 juin 2008

Monsieur Léopold.

B_thune_TOITS_230508__17__copieJe t’en ai déjà parlé : je n’aime pas la ville. J’ai horreur de dire « Je n’aime pas ». Je ne parviens pas à l’aimer.
Quand l’envie d’aller marcher me prend, je me tourne vers le sud, là où commence le monde vert. Mais ça, tu t’en es déjà rendue compte. Mes pas hésitent parfois et mon APN, dans sa soif de justifier son achat, me pousse vers les vagues de bitume et de vrombissements.
Me voici sur la « Grand-Place » ; on n’y joue pas Mozart, on n’y joue rien d’ailleurs. Ou pas encore ; je n’en sais rien. Il n’y a pas si longtemps, les automobiles venaient se nicher à l’ombre du beffroi pluri-centenaire. On leur a interdit ! Alors elles sont parties plus loin, ailleurs…
B_thune_TOITS_230508__14__copieTout autour se dressent des maisons étranges où se cache une faune secrète, connue de quelques privilégiés. Monsieur Léopold habitait l’une d’elle ; il me l’avait tu pendant les trois premières années de notre amicale relation. Nous nous retrouvions « par hasard » dans le jardin public où j’avais pris l’habitude de venir écouter les musiciens qui tenaient éveillé le vieux kiosque désormais endormi à jamais. C’était un vieux monsieur avec qui j’échangeais des avis sur tout ce qui tentait d’empêcher notre planète de tourner bien rond. Et nous en avions des choses à nous dire… c’étaient des secrets universels connus de tous.
Un jour où je faisais la moue sur cette haute maison tout en longueur, il me demanda ce que j’en pensais. Je lui répondis simplement qu’elle était sans doute jolie pour celui qui l’aimait mais moi je la trouvais comparable à une cage à oiseau. 
« Alors vous trouvez que je ressemble à un oiseau ? » Avait-il grognonné avant de rire de bon cœur. Ce jour-là commença une amitié éphémère qui cessa au retour de l’automne. Monsieur Léopold ne résista pas à la fin de l’été. Quelques jours auparavant, il avait tenu des propos que j’eus du mal à saisir. Il m’avait parlé de la chanson de pierre Perret, « La cage aux oiseaux »… Lui, féru de musique classique, me l’avait fredonnée. Nous étions au jardin public. Il faisait très beau.
Je sais que tu vas me dire qu’elle est triste mon histoire : pas du tout ! Monsieur Léopold m’a appris à sourire de tout mais jamais à me moquer.
B_thune_TOITS_230508__15__copieJe n’aime pas venir en ville. Pourtant, j’y viens en souvenir d’un vieux monsieur avec qui je n’ai passé que quelques heures dans ma vie mais ce furent des moments qui m’ont enrichi.
Je m’arrête devant la maison « Cage à oiseau », je regarde le ciel, je souris aux passants et, tout au fond de mon cœur je m’entends clamer ces mots :

Je vous salue Monsieur Léopold !

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vendredi 6 juin 2008

Mes soixante-Quatre mètres carrés...

Jardin_040608_Blog_11Puis j’arrive dans la cuisine. Ma cuisine. Une baie vitrée ouverte sur mes soixante-quatre mètres carrés. Rien que mes soixante-quatre mètres carrés. Des mètres carrés de tranquillité, de verdure, de paix, gorgés de lumière et de nuages de par chez moi. Réveillés le matin et bordés chaque soir par le soleil qui parait glisser en laissant des confettis de couleurs.
Les vents, d’où qu’ils viennent, ne parviennent pas à faire frissonner la verte pelouse que je bichonne avec tendresse. La pluie, d’où qu’elle vienne, ne parvient pas à submerger l’herbette fidèle et éternelle.
Et le ciel ! Le ciel qui puisse passer au-dessus de mon jardinet ! il s’étale, passant du bleu aux gris, n’hésitant pas à s’ensemencer d’étoiles brillantes par les nuits claires. Mon banc de pierre m’accueille en ces moments sacrés. Les belles images de ma vie parfument mes yeux et je vois les sourires de tous ceux que j’aime. En ces instants magiques, vous êtes tous là…
Qu’elles sont belles ces heures tranquilles du soir ou de la nuit dans un coin d’un jardin qui sommeille comme un bon et gentil gardien des secrets. Je me remplis, je m’imprègne goulûment, je m’imbibe de ces moments et je m’en souviens les jours ou un rideau d’ondée dégouline du toit. Ou les jours de froid, quand les doigts gourds n’ont rien à cueillir.
Puis je m’installe dans la cuisine. Ma cuisine. J’entrouvre et laisse entrer l’humeur du matin, celle qui me fait entendre les chants et les murmures. Dans la journée, je ne peux dénombrer le nombre de coups d’œil que je lance par là…
Il faut que je me souvienne de ces moments-là. Et des autres.

Ah ? Tu es là ? Quelle bonne surprise ! Tu as un petit moment à me consacrer? Alors clique doucement dans ma main.


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jeudi 5 juin 2008

Les petits bois du coin...

Vaudricourt_Bois310508_1_BLOGLes petits bois du coin ! Je les connais presque tous. Seuls les privés n’ont pas été visités par mes chaussures de marche. Je les contourne souvent, certes, mais jamais n’y pénètre.
Il y a le Bois Tordu qui se blottit juste après le coin de ma rue. Il y a les restes du Bois Dérodé où les bûcherons locaux ont dû accomplir des coupes assassines à la suite des plaintes obscures de quelques riverains qui ne supportaient pas l’ombre de quelques arbres pourtant bien modestes. J’aimais y chercher quelques fraises, ou quelques rayons de soleil, ou quelques bouffées d’air sylvestre suffisantes pour me faire garder le sourire. Un orvet m’a plusieurs fois occasionné une petite frayeur en se glissant en silence entre mes pieds.
Au-delà du village aux corneilles, le bois de Grand Jacques sert d’écrin à une communauté religieuse discrète dont les membres entretiennent peu les lieux. Dommage, les arbres étaient si élégants autrefois. Plusieurs fois, j’ai essayé d’y pénétrer légalement, poliment, rien n’y a fait. Je n’en ai fait que le tour.
Comment leur faire comprendre que je ne m’intéresse qu’aux fleurettes et papillons, qu’aux écorces tombées et aux oiseaux qui se cachent pour chanter ?
Depuis plusieurs semaines, le printemps a posé sa carte de visite sur le bord de la fenêtre, de peur que je ne l’oublie. Les pollens ont repris leurs habitudes et taquinent mes discrets polypes.
Bon ! Assez de mots ! Suis-moi !...


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dimanche 1 juin 2008

Les pieds dans l'eau...

PLAGE_grosplan_BLOG_1La matinée était accueillante et j’en avais profité pour moissonner quelques photos. Cette fois-ci, j’avais mon APN. Je t’avoue qu’il n’y a pas longtemps encore, j’ignorais la signification de ces trois lettres. APN, Appareil Photo Numérique.
Pieds nus et tête au vent, je m’imbibais voluptueusement, voire charnellement, de toutes ces sensations qui se laissaient capturer sans opposer la moindre résistance.
Je fredonnais « Le vent dans mes cheveux blonds, … ». De quoi faire rire les mouettes de passage. Mes cheveux blonds ne sont même plus un souvenir. Sauf dans un coin de ma mémoire, un coin enfoui où le petit garçon que j’étais souffrait d’être trop blond. Autre époque trop proche de celle qui la précédait…
PLAGE_grosplan_BLOG_2J’aime marcher sur le sable humide. Je ne sais pas si tu aimes cela mais j’ai l’impression de faire corps avec la terre marine, la terre des marins, la terre des pêcheurs. Les cailloux chavirés, les algues oubliées, les grains incertains me racontent silencieusement leur histoire, parfois leurs mémoires, tant leur durée est démesurée.  
As-tu jamais écouté le chant de la vague qui expire ? T’es-tu jamais penchée sur ce que la couette écumeuse découvre pudiquement au lever du jour ? Et tenant ta main dans celle d’un ami, as-tu déjà senti le premier rayon d’un soleil levant sur ta joue ?

et si tu sais "cliquer, ...
Faisons quelques pas ensemble, tu viens?...

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jeudi 29 mai 2008

Sur un rai...

Reflet1_Mai2008__79_Les vagues ont laissé leurs pas afin que je puisse y mêler les miens. Elles sont venues nombreuses en cette nuit où la lune a bien voulu m’accueillir sous sa vapeur de plume. La marée a coulé sans bruit par delà l’horizon et l’obscurité muette a posé ses sceaux de coquillages vides. J’entends encore soupirer quelques vaguelettes lointaines meurtries par quelques chagrins méconnus des terriens. Un reflet moite s’égare dans les dernières eaux de l’océan endormi. Juste un creux négligé par les laborieux ressacs ressassés. Juste un sablier oublié par le temps qui est passé. Les bosses dures du relief abandonné par le jour caresse mes pieds nus qui n’osent aller plus loin dans l’encre qui s’étale. Je me suis assis sous la lune, elle me sourit, me protège et m’enveloppe dans une douce torpeur langoureuse.
Plus tard, à l’heure où le vent brisera l’élan d’un fugace sommeil volé à ma nuit, je retournerai vers mon toit. Il m’attend, lui.

Clapotis
Reflet3_Mai2008__79_

Ces mots ont glissé sur un rayon de ta lumière. Il leur fallait encore quelque chose, quelque chose de toi, ou de moi. De nous. En pensée, je suis retourné là-bas, et j’ai ramené ceci. Ce n’est qu’un bol d’air, un tout petit bol d’air mais j’espère qu’il te conviendra. Je lui ai adjoint un compagnon musical que j’écoute souvent.

Clique ici===>     Bonne promenade.

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lundi 26 mai 2008

Au jardin du matin calme...

Jardin_250508__2__blog Mes paupières se sont encore ouvertes avec émerveillement : je suis debout, vivant et je vais bien !
À peine dans la cuisine, je jette un œil par la fenêtre, l’autre le suit sans hésiter. Quelqu’un a chagriné le ciel et ses larmes ont emperlé les hostas et flaqué la table ronde. Les perles s’épient, se vantant d’être plus belle que la voisine.
La brise matinale, espiègle, balancent les feuilles du bout des lèvres et les gouttes s’unissent dans une cabriole qui s’écrase sur l’herbe enjouée, provoquant l’hilarité de quelques vers de terre euphoriques. L’air sent la douceur bien qu’une moiteur se profile sournoisement.
Jardin_250508__3__blogJe m’avance sur la terrasse, les perles de la nuit tremblotent, elles craignent pour moi. Sur la table ronde, un nuage s’admire et m’invite en son monde de lumières.
Il fait bon. Il fait doux.
L’air est calme. Tout est tranquille. Une bonne et belle journée s’annonce. 

J'ai envie d'écouter La Symphonie Pastorale   
http://www.youtube.com/watch?v=Ir9797qNVk0 

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dimanche 25 mai 2008

Un chemin de Fer... défait.

RestoGare_250508

Il fallait bien trouver un endroit à part, un endroit peu commun, un endroit qui puisse nous offrir le couvert sans que nos bourses ne crient famine. Chose faite en suivant une ligne de chemin de fer presque désaffectée dans un petit coin charmant du Pas-de-Calais. Une gare placée là par les hasards de l’industrialisation et oubliée par les exigences des Hommes. Une gare transformée heureusement en restaurant pittoresque et inattendu. Coiffé d’une casquette de Chef de Gare, le maître d’hôtel nous a accueillis fort poliment. Le lieu un peu vieillot cache un étonnant assortiment d’objets anciens, tous liés à la vie des chemins de fer de la belle époque. Bien qu’étant incapable de vous préciser le menu, j’ai encore passé un agréable moment de chaude amitié. Titannick s’appliquait à taquiner le Chef de Gare sur la présence cachée d’un éventuel sifflet tandis que Gégé le questionnait sur le trafic de l’unique voie ferrée du lieu. Pendant ce temps, je prenais les chemins de traverse en essayant de découvrir les subtilités d’une bière artisanale de fabrication locale. Tout cela dans une bonne humeur voyageuse.
Point de digestif mais une promenade dans les environs. Je vous livre quelques points de vue (Je n’ai pas oublié mon APN aujourd’hui !).
Ce soir, les nuages s’approprient le ciel et la pluie s’annonce. Ma fenêtre est ouverte, j’attends les parfums de terre mouillée. Mes pensées vont voyager loin, elles s’impatientent déjà. Elles piaffent au portail du jour qui fuit, elles trépignent d’impatience. Je suis sur le point de les suivre
mais auparavant, je vous souhaite une délicieuse nuit !

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vendredi 23 mai 2008

Une page d'écritemps...

J’écris pour passer le temps. Non pas pour tuer le temps, il renaîtrait sans cesse de ses cendres mais bien pour le passer. Comme on passe un gué, ou comme on passe d’une rive à une autre, ou comme on passe le sel à son voisin de droite. Ou de gauche.
Je suis heureux de me réveiller vivant. Je ne suis pas parfait, on me l’aurait dit je crois. Ou je le saurais ; ce serait d’un ennui ! Je préfère ne pas y penser !
Je me réveille vivant. Et cela chaque matin depuis soixante ans ! Soixante fois trois cent soixante cinq levers « vivant » ! Et je ne compte pas les années bissextiles et les matins de brumes cérébrales qui ne sont même plus un souvenir. L’un dans l’autre, ça doit faire le compte.
Plusieurs fois je me suis couché et levé dans la même journée. Et inversement.
Je me suis moins souvent couché heureux que levé heureux. Je n’ai pas pris de notes, je ne peux donc pas vérifier la véracité de mes dires. Je m’imagine au lit, un calepin dans une main, un crayon dans l’autre, notant mes faits et gestes. Et ma solitude avait été rompue en ces moments-là, j’imagine mon trouble…
« Tu prends des notes ou tu me donnes une note ? »
Quel manque de savoir-vivre ! (il doit y avoir d’autres mots pour décrire plus explicitement la situation, je compte sur vous !).
Ce soir, j’ai regardé passer les mots. As-tu remarqué comme ils savaient se différencier les uns des autres ? Je ne peux analyser le fond de ma pensée et donc pas l’exprimer. C’est ainsi. Les quelques professeurs dont j’ai croisé le chemin me l’ont assez reproché. Ça ne m’a pas empêché de regarder par la fenêtre quand j’en avais envie. Les cours de certains étaient souvent plus longs que les chants d’oiseaux dans les cerisiers. Une fenêtre doit toujours être ouverte ou fermée : entre nous, je la préfère ouverte ! Il y a toujours quelque chose à voir même si parfois on n’entend qu’un coin de ciel…
Pour l’heure, je n’ai toujours rien dit d’intéressant mais il fait doux dehors. Gigi vient de faire claquer un volet de bois. Le bruit des trains voyage jusqu’ici, la brise vient de l’Est. Les nuits de mai aromatisent mon bureau de ces clameurs qui se distillent sous les rideaux. J’en laisserai entrer les moustiques, pour le plaisir… Pour le plaisir de les regarder vivre.
J’y pense : je n’ai pas de photos de moustiques ou de bruits de train ! M’en voudrais-tu si je pose ici quelques regards que j’ai figés pour me faire plaisir ? C’était au bord de la mer, tout contre une falaise amoureuse…

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Et cette dernière a été prise au dessus des douves d'un château féodal longtemps oublié...

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lundi 19 mai 2008

Je marchais sur la plage

JM_solitudePlage_18mai2008Je marchais sur la plage et je me demandais ce que je serais devenu sans toi…
Je ne savais pas où j’allais, je papillonnais le long de mon chemin sans prendre garde aux lendemains. Le cadran de ma montre était fixé à mon regard pendant les heures de travail et n’était plus rien en dehors. Pas même un hoquet.
Tu m’as appris sans le vouloir une montagne de choses sur le monde des gens qui nous entourent. Je ne les perçois pas toujours à ta façon mais c’est un autre rayon qui les éclaire. Et ça me plait.
Tu as su me prendre la main quand je battais des ailes, quand j’espérais atteindre des étoiles lointaines hors de ma portée de terrien.
Tu as su me faire boire l’eau de la fontaine que je dédaignais, l’eau que je n’écoutais même plus chanter entre les cailloux.
J’ai beaucoup appris de toi, surtout quand tu me disais que c’est toi qui apprenais de moi. Étrange alchimie valsant entre tendresse et regards noirs, t’en souviens-tu ?
J’ai appris que le ciel pouvait être lumineux dès la première heure d’un matin de pluie. Il suffisait de penser à quelqu’un que l’on aimait. Bien ou beaucoup, c’est sans importance.
J’ai appris qu’attendre attise les premières étincelles de l’amour ou de l’amitié et que tout cela n’était pas que des reflets dans un sable mou après le retrait d’une marée indolente.
J’ai appris qu’il suffisait parfois d’être là pour sécher des larmes, surtout celles qu’on ne voit pas.
Tu ne crois plus au bonheur, on a brisé tes ailes. Mais tu sais sourire et cligner de l’œil quand je te dis qu’il fait beau aujourd’hui.
Le moindre petit geste est une joie pour moi, le moindre petit mot un cadeau pour toi.

Je marche sur la plage. Et ça me plait.

Ce que j'écoute ce soir


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jeudi 15 mai 2008

Les travailleurs de la Mer. Gouville-sur-Mer

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Surprise. J’étais persuadé de découvrir un rivage tranquille, loin de la ville.
Loin de la ville, je l’étais.
Un essaim de tracteurs nichait sur la plage. Les Travailleurs de la mer occupaient les lieux. Ils s’aidaient des machines pour déposer et reprendre leurs embarcations, leur outil de travail.

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Une curieuse rencontre de pas d’homme, de traces de roues, d’algues oubliées par la marée, de rochers émigrés. Le sable ne bronchait pas et les roues faisaient trempette sans mot dire. La marée filait vers l’horizon, là où les hommes plongent les mains dans les vagues.

 

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Lui, délaissé pendant quelques heures, ne s’ennuie guère. Il écoute les belles histoires que les coquillages enfouis se racontent. Les praires sont intarissables selon les dires d’une joyeuse bande de moules qui avaient déserté leur bouchot.


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Et ils attendant. Ils attendent leurs propriétaires. Ils ne peuvent pas les accompagner sur le chemin liquide. Fidèles compagnons, ils attendent le retour des maîtres.


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Enfin ! Finie la solitude ensablée ! Terminée l’attente interminable ! Ils n’écoutent plus les belles histoires, voici le moment de prouver leur fidélité.


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L’homme et la mer, l’homme et l’amer, parfois. Que voilà un dur métier, si peu récompensé!
Tu sais, je les ai longtemps regardé ces travailleurs. Le plus longuement possible car à peine échoués ils repartaient vers d’autres besognes vitales.
L’essaim de tracteurs se disséminait sans jeter le moindre regard vers les touristes de passage.
La mer reprenait sa respiration et l’infini des vagues rejoignait l’infini du temps. Je fermai les yeux et sans mot dire, je laissais le vent emplir ma poitrine. Mes rêves auront un goût de sel cette nuit. 
Travailleurs de la mer, j’ai tenté de pêcher pour vous quelques mots.

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