22.05.12

Joutes de nuit

Ce jour-là, dans tout le hameau, par delà les collines du sud, le vent s'était mis en tête de faire des confidences tonitruantes à qui voulait ne pas l'entendre. Il se glissait derrière les volets, sous les branches, caressait les tuiles à rebrousse-poil et se querellait avec tous les passants. Passants fort peu nombreux, et pour cause !Une vraie nuit de tourmente.Les rippeurs venaient à peine de passer et les longues poubelles vides tentaient vainement de garder leur équilibre. L'une d'entre elles, lassée de combattre, se coucha... [Lire la suite]
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08.04.11

Les casseurs

Je me suis assis. Je me sens si las après cette dure journée passée à casser les pierres du muret éboulé. Mes mains écorchées ont changé de couleur, ne serait-ce que pour cacher les égratignures multiples. Cependant, je n'y prête que peu d'attention. Du haut de la colline arrive le troupeau de Roger, lentement, paisiblement. L'heure de l'étable transforme en fête les moments déjà oubliés d'une journée qui s'achève. Dans les oreilles résonnent encore les coups de la massette. Je suis incapable de te préciser le nombre de pierres qui... [Lire la suite]
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23.12.10

Gabriel racontait...

“En ces temps-là, la terre était vraiment ronde et personne ne savait ce qu’était un coin. Mais un jour, les hommes qui voulaient toujours voir plus loin, décidèrent de couper les arbres qui donnaient de l’ombre sur leur maison. Ils voulaient plus de soleil. Alors ils coupèrent les arbres. Ils les débitèrent, tronçonnèrent, découpèrent, scièrent, divisèrent, sectionnèrent, taillèrent et inventèrent des mots pour mieux se partager ce qu’ils avaient produit. Et ils étaient contents. Le jour d’après, les hommes qui voulaient toujours... [Lire la suite]
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29.10.10

La Colline de Roger

Avant que gégé ne rabatte les volets bleus, juste avant, j'aime ôter ma chemise et m'appuyer sur le rebord de la fenêtre. J'aime respirer l'air frais de la nuit tombante. Un besoin vital. Vers l'Ouest, la colline de Roger, vide de ses vaches mais pleine d'un soleil qui traine à se coucher. Une simple bosse, ronde comme une épaule aimée où l'on laisserait bien distiller quelques petites tendresses. Elle semble si petite, si frêle, si fragile. Les dernières lumières la rapprochent de ma main. J'en dessine les courbes en... [Lire la suite]
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23.10.10

Au bord de ta montagne

J’ai écrit ces quelques lignes un matin, très tôt. Tout le monde dormait encore et l’air s’offrait un calme surnaturel. Les mots sont venus sans volonté réelle, tout naturellement. Je les avais enregistrés sur un machin “AimeP3” et les avais oubliés. Les voici, tels quels: Alors je me suis assis au bord de ta montagne. Elle qui me grignote le sommeil chaque nuit, je ne peux m'empêcher de l'aimer. Elle s'offre, entière, et le vent qu'elle m'envoie se glisse sous ma chemise moite. Car il faut la mériter, il faut transpirer, il... [Lire la suite]
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25.09.10

APN et tasse de café

La nuit n'avait laissé s 'écouler que des heures rudes. Les pierres de la Maison aux volets bleus étaient restés horriblement muettes. Le vieux tilleul et le vent d'Est s'étaient tourné le dos, une fâcherie inutile et sans âme. À moins que... Assis sur la terrasse, entre le matin et la nuit, Gégé méditait... La lettre posée sur la table tentait un envol hypothétique. La tasse de café tiède la retenait désespérément. Comme un doigt qui évite au parchemin de se dérouler... Le pied du tilleul s'ancrait dans la terre... [Lire la suite]
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18.09.10

Fatigues

Le soleil, derrière les nuages, n'osait plus que quelques rayons devant l'avancée des aiguilles de l'horloge. Des aiguilles qui se faisaient incroyablement présentes mais sobres et dictatoriales. Dans ce soir, elles occupaient la grande salle et débordaient vers la terrasse, comme si les murs de pierre si épais n'existaient plus... Gégé, exténué, qui ramenait son corps meurtri après une journée de marche dans ces gorges sauvages, s'était affalé sur la chaise longue. Nous étions parti seuls au fond de la vallée, vers... [Lire la suite]
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14.08.10

La patience du Circaète

J'ai suivi la route qui mène à Prades, seul et silencieux. Tout le monde dormait encore dans la maison aux volets bleus. J'en étais persuadé. Je cherchais dans ce paysage un vol de circaète, je voulais tant faire plaisir à mon Gégé. Photographier un vol de circaète et lui offrir le cliché sans cérémonie comme nous aimons le faire. Il y a tant de non-anniversaires dans une année à vivre. Je ne suis pas équipé comme un pro du déclencheur mais j'espérais jouer de mon petit zoom, juste assez puissant et discret pour... [Lire la suite]
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07.08.10

Le premier soupir de la Maison aux volets bleus.

Le premier soupir du premier matin. La moyenne montagne ne laisse pas mes nuits aussi tranquilles que celles de la Mer. Tu sais que je dors peu mais en altitude, c'est pire. La maison aux volets bleus raconte tant de choses quand les heures s'étirent dans les silences nocturnes. Les poutres, les planchers n'attendent que les heures paisibles. Et je ne te parle pas des solides murs de pierres... Les éléments s'interpellent et pour qui sait tendre l'oreille, la nuit devient le théâtre des vies abouties emmurées. Des ... [Lire la suite]
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30.01.10

Juju

Le soleil passait de l’autre côté du tilleul. Dans la cuisine, Juju réunissait les pluches de légumes, en fredonnant le Choral du Veilleur. Je me demandai qui avait pu lui coller cet air de Jean-Sébastien dans l’oreille ! Elle écartait les bras, les allongeait et les plaquait sur la table de monastère. D’un geste précis elle ramenait vers elle la garde-robe des hôtes du potager: les longs rubans terreux des demoiselles from Parmentière, les dentelles rougeoyantes des ombellifères, les raves d'Auvergne hâtives à collet ... [Lire la suite]
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