jeudi 14 février 2008
Un beau match!
C’est en juin que Roger se mit en tête de dépanner le
tracteur. Il s’agissait d’un vieux modèle.
-Tu me donneras un coup de main !
-Je veux bien faire le manœuvre mais je te préviens, je n’y
connais absolument rien !
-C’est rien ! Tu m’avanceras les outils !
C’est ainsi que commença le plus vaste chantier de réparation
qu’il m’ait été permis d’admirer !
Roger était un brave voisin avec qui j’avais sympathisé les
saisons précédentes lors de mes séjours dans ces lieux. Il n’avait rien d’un
furieux ou d’un quelconque barbare mais son enthousiasme soudain pour la
mécanique agricole avait éveillé chez moi une perplexité peu commune. J’avais
le front sec et j’avais l’impression de transpirer.
Le match commença par un round d’observation. Je passais
avec inquiétude des clés, des tournevis, et d’autres outils dont je n’ai pas
mémorisé le nom. Petit à petit, mes mains changèrent de couleur. Elles
fonçaient tout autant que l’artiste fonçait dans l’inconnu. Des objets
métalliques jonchaient les alentours et j’avais pour consigne de les ranger
dans l’ordre du démontage. Comme l’espace me manquait et que l’humeur de Roger
se colorait de jurons particulièrement précis dont la décence m’interdit
l’énoncé ici, j’entrepris de placer ma récolte en spirale. Fier de mon astucieuse
idée, je m’enferrais dans…une spirale infernale ahurissante. Je planais
résolument au dessus de mon œuvre. J’avais la sensation étrange que le temps
s’était suspendu autour de ma petite personne.
Et les pièces hétéroclites s’amoncelaient, certaines semblaient
jumelles, d’autres bien solitaires. Quelques unes semblaient étrangères à
l’affaire mais, obstiné, je posais mes perles sur le collier infini d’un
joaillier fou. Le soleil restait fixé au même point depuis des heures, les
arbres n’osaient même plus bruire au passage des rares moineaux de la ferme. Si
le vocabulaire de Roger enrichissait le mien, son ton montait car des câblages
réticents manifestaient une résistance héroïque. Quand la boîte de vitesse
poussa ce qui pour moi semblait un dernier soupir, Roger se tourna vers moi, le
visage en partie masqué par une série de traces huileuses et noirâtres :
-P… ! J’en ai Ch.… !
-Pff…
(Ce sont exactement les mots que nous échangeâmes à ce
moment là, je vous assure !).
Il se leva, se frotta les mains sur sa salopette.
-Je sais ce qui ne marche pas !
Je suis incapable de vous dire ce que Roger a réparé mais ce
dont je suis certain, c’est que nous sommes restés éveillés pendant de longues
heures encore. Quelques révisions lexicales plus tard, je n’avais réalisé aucun
progrès en mécanique.
Soudain, comme si je ne m’y attendais plus du tout, le
tracteur reprit une forme de…tracteur. Aucun mot. Mon angoisse devait faire taire
la faune environnante. Le milan royal qui d’ordinaire, nous saluait crânement,
ne fit aucune apparition ce jour-là…
Roger recula de quelques pas, jeta un coup d’œil circulaire,
comme s’il voulait vérifier que nous n’avions pas oublié une bricole ou deux
dans un coin (un geste qui, je l’avoue, ne m’a pas rassuré !). Tout en
s’essuyant les mains dans un chiffon innommable, son regard se chevilla dans
celui de l’engin. Les yeux dans les phares. Ils se scrutèrent de longues
minutes, l’un stoïque, l’autre se frottant machinalement le bout des doigts
noirs. La maison, l’atelier, la grange,
le muret, Dick le chien de ferme, tout glissa dans un silence que je suis
incapable de qualifier. Un silence qui vous met des menottes aux chevilles et
qui vous empêche de bouger un cil…
Roger se tourna vers moi et du bout du menton :
-Qu’est-ce t’en penses ?
-… (Silence et perplexité).
-On y va ?
Tel un chevalier, il sauta sur la vieille monture, tritura
deux ou trois boutons ou manettes, et cria très fort :
-C’est ta dernière chance !
La machine éternua, cracha un nuage de fumée épaisse d’abord
puis sautilla sur place comme atteinte par d’une crise de nerfs. Elle s’apaisa
ensuite pour ronronner sous les caresses des grosses mains calleuses. Le couple
s’aventura dans le sentier du val et revint tout aussi vite.
Roger n’est pas homme à s’étaler sur ses réussites ni sur
ses échecs. Demain, la ferme pourrait tourner.
Et moi ? Demain je me reposerai !
Roger m’a conforté dans l’idée de ne jamais
désespérer ! Quelles que soient les circonstances !...
mardi 9 octobre 2007
Le muret de mon Gégé et La Dame Brune
Posé sur le muret de mon Gégé, je pouvais caresser des yeux la
ligne rougeoyante de son horizon. Le jardinet de mon ami côtoyait celui de la Dame Brune, envahi de
légumes divers destinés aux bouches affamées de ses nombreux enfants. Les
fleurs y luttaient poliment pour se frayer une trajectoire vers la lumière. Les
couleurs se complétaient les unes aux autres et se répondaient comme si elles
se détachaient de leur originelle source. Et je ne vous parle pas des odeurs,
des parfums, des effluves, des arômes, des fragrances, des émanations, des
exhalaisons, des relents parfois, qui bondissaient vers nos narines.
Dans le jardin de Gérard, un tilleul méritant, un rosier
audacieux, quelques fleurs anonymes, des buissons couards et chétifs. Le muret
de pierres, tout au long, aurait dû servir de liant. Mais il avait préféré ne
pas se mêler aux luttes esthétiques. Quelques herbes sauvages, gaillardes et
généreuses, se hissaient sur la pointe des rhizomes et brandissaient des épis
déjà dorés. Excellente initiative qui cachait naturellement l’étroit ruban
bitumé de la route de Saint-Bérain.
La colline d’en face, celle de Roger, était d’une rondeur toute
féminine, douce, belle à être caressée aux dernières heures du jour qui se hâte
d’en finir délicatement. Philosophiquement, les vaches y montaient le matin et
en descendaient le soir, juste avant la traite.
Et moi, toujours posé sur le muret de mon Gégé, je pouvais
caresser des yeux la ligne rougeoyante de son horizon.
mercredi 12 septembre 2007
Toi et moi, blottis...
J’ai l’impression d’appartenir un peu à un petit coin de France
que j’ai découvert il n’y a pas si longtemps que cela. Je ne peux m’empêcher
d’y penser à l’heure où le soleil caresse l’horizon en lui faisant une
chevelure fluide sur les épaules. Je me souviens de cette odeur des champs
fauchés qui s’accroche à mes narines. Je me souviens du tilleul fleuri dont le
pied se voyait noyé par les derniers rayons dorés et encore chauds. À toi qui
me lis, je voudrai dire tout bas que j’ai soif de m’y revoir. J’ai soif de voir
voler la mouche sur l’onde. La mouche que Gégé fait virevolter dans l’air
paisible de ces gorges encore sauvages. J’ai soif de m’agripper de toutes mes
forces à ces rochers pour descendre au bord de l’eau. J’ai soif de m’écorcher
les mains aux buissons et aux branches pour regagner la route des Hommes. J’ai
soif de sentir cette odeur si particulière de la rivière bondissante sur les
pierres. J’ai soif d’entendre ces petits bruits, ces clapotis, ces murmures sur
les cailloux, ces bruissements d’insectes égarés, ces chuchotements de la bise
espiègle, toutes ces petites choses qui me manquent ce soir.
Et si tu étais passé à ce moment-là, en juin, entre les prés fauchés, à l’heure où la lune sourit aux troupeaux assoupis en les recouvrant d’une belle lumière abondante et douce, tu te serais sans doute assis près de moi sur le vieux muret sans âge. Tu aurais fermé les yeux pour bien t’imprégner de ce moment sacré, avec ce sentiment d’être doté d’un privilège. Tu aurais sans doute comme moi posé ton épaule sur le tronc rugueux, puis laissé ta tête se pencher doucement. Je sais que tout comme moi, tu aurais poussé un soupir de félicité. Il est ainsi des moments où l’on voudrait que tout s’arrête.
Et blottis contre un p’tit bonheur si simple, nous ne bougerions plus...
dimanche 2 septembre 2007
Un jour, les volets bleus s'ouvriront sur la mer...
Je
vais aller dire à la mer deux ou trois mots des volets bleus. Je regarderai les
vagues me saluer ou se lisser en venant me caresser les pieds. Les volets bleus
se sont refermés pour ne pas voir trépasser l’été. Je sais qu’ils dégraferont
leurs paupières quand l‘automne se sera établi. Les feuilles négocieront les meilleures
places au creux des fossés. Les fruits exposeront leur maturité éclatante.
Oui,
je vais aller dire à la mer deux ou trois mots des volets bleus. Je marcherai
comme à mon habitude dans cette eau qui n’en finit pas de recommencer. Je me trufferai
les poumons du vent de la liberté afin de les libérer des escarbilles de la
ville.
Marcher
les pieds nus. Marcher les yeux baissés. Marcher les yeux levés. Marcher vers
l’inconnu.
Il
ne faudra pas que j’oublie mon APN. L’écume et le sable mêlés me montreront le
chemin.
La
mi-septembre m’entendra dire à la mer deux ou trois mots des volets bleus. Je
vais délaisser ce blog quelques jours pour me rendre en Bretagne.
Je
parlerai aux vagues. Je leur dirai combien j’aime ceux et celles dont je
clamerai les noms dans le vent du large, quand l’ombre des goélands s’allongera
au couchant. Et quand la nuit tirera à elle sa couverture, je laisserai tomber
sur mes paupières la poussière d’étoiles de la petite Fée.
jeudi 16 août 2007
Le petit susucre à son Pépère...a
Gégé m’a téléphoné ce matin. Il vient de rentrer de vacances. Il a rabattu les volets bleus jusqu’en octobre. Les murs de la maison de pierre ne vont plus résonner ni même raisonner pendant quelques semaines. Le soleil ne pensera plus à jouer dans le tilleul. Les chiens de la ferme passeront sans s’arrêter devant la terrasse vide. Volets fermés et portes closes ? Alors pas de restes succulents !
Je me souviens de mon premier contact
avec Dick le vieux gardien de la ferme voisine.
J’étais arrivé au milieu de
l’après-midi. Il faisait beau et la température était très agréable. À peine
les pieds sortis de la voiture, les yeux font le tour de l’horizon. La colline
est fidèle au rendez-vous et Frédéric y promène le tracteur. Je sais qu’un peu
plus tard il ramènera les vaches à l’étable par la petite route. Vers l’ouest,
un nuage joue à enfermer un ou deux rayons de soleil égarés. La vieille grange
me servira de garage comme d’habitude et tant pis si les chats prennent ma
voiture pour un observatoire privilégié. Elle y dormira à l’abri des étoiles.
Un sac de voyage dans une main, le
trousseau de clés dans l’autre, je traversai la terrasse et m’apprêtai à ouvrir
la porte. L’attention fixée sur le trou de serrure, une présence se fit sentir,
là, derrière moi. Dick était là, nonchalant, couché sur le sol, les oreilles
aux aguets.
-Et si je lui donnais un sucre ?
Le sac posé, j’en cherchai une boîte dans
la cuisine. Fier de ma positive trouvaille, je lui en jettai un, juste sous le
nez…
Il l’a reniflé, repoussé du bout de la
truffe, puis m’a regardé !
-C‘est ça que tu me donnes ?
Un peu plus tard, Frédéric m’expliqua
que ces chiens ne désiraient qu’une seule chose : nos restes !
Ils sont formidables ces animaux !
Nous terminions à peine le repas qu’ils étaient prêts à desservir la
table ! Tous les reliefs furent ainsi systématiquement et méthodiquement
engloutis.
Mais jamais les sucres ! Étonnant,
non !
samedi 7 juillet 2007
Autre surprise.
Autre surprise. Je venais de
découvrir un petit sentier qui m’avait emmené vers un vieux pont de chemin de
fer. Et là, au milieu de cette voie si peu usitée, j’ai découvert ce serpent de
verre, un orvet. Vu sa taille assez impressionnante, ce devait être un mâle.
J’eus beau lui annoncer civilement mon nom et mon prénom, il ne daigna point se
présenter. J’osai donc une prise de vue que je vous propose.
Nous sommes ensuite descendus
au village. L’aubergiste venait d’y prendre son service et fut très surprise de
nous voir ainsi si guillerets. Je n’avais pu me promener bras-dessus-dessous
avec la martre mais ce fut encore plus difficile avec mon nouveau compagnon.
Nous avons troqué d’abondants avis sur la condition humaine. Je n’ai pas
souvent été d’accord avec les idées insaisissables de Lucien. Il s’était enfin
décidé à se présenter. Il se défilait sans cesse et le suivre m’était malaisé.
Nous nous quittâmes tard dans
la nuit.
Le lendemain matin, le
médecin se pencha sur moi et me reposa encore la question :
« Pourquoi avez-vous
absolument voulu goûter à ce champignon hallucinogène ?»
vendredi 6 juillet 2007
Va falloir fouiner!
Là je m’étais
arrêté pour admirer un joli point de vue sur le village de Prades. J’apprécie
ce coin de France où coule l’Allier, rivière sauvage, indomptée, pleine de
surprises, où les vaguelettes ont encore gardé leur fierté originelle. Je
remplissais mes poumons. Je faisais ainsi ma réserve pour les prochains mois.
J’en avais presque oublié mon appareil photo quand une présence se manifesta.
Là-bas, au milieu de la chaussée, un curieux animal s’était dressé et m’observait.
Regards réciproques.
Ne pas bouger. Tourner
l’objectif lentement. Clic ! L’animal ne détala qu’à ce moment-là.
Je me suis donc renseigné
auprès de Gégé. Selon son expérience, il s’agirait d’une martre mais la
confusion est possible avec une fouine.
L’autre jour, des blogueurs connaisseurs
m’ont incité à goûter un champignon qui m’avait rencontré au cours de l’une
de mes promenades.Y en aurait-il d’autres qui
pourraient me dire si la fouine ou la martre sont des animaux apprivoisables ?
à priori, ces animaux sauvages ne doivent pas se laisser approcher facilement.
Va falloir fouiner dans la documentation ! Tiens !
Peut-on dire « martrer »
dans la documentation ?
jeudi 5 juillet 2007
Un champignon souriant
Qu’au bord de ma route je croise un champignon
souriant est déjà un évènement exceptionnel, moi le citadin de banlieue d’une
ville très moyenne ! Mon compagnon de promenade m’a affirmé qu’il était comestible.
Je veux bien le croire.
Oui.
Oui, je veux bien le croire aujourd’hui, alors que nous sommes à
plus de sept-cents kilomètres de cette sympathique petite route de
Haute-Loire ! J‘adore manger les champignons et je laisse rarement un plat
repartir. J’avoue ma gourmandise. Mais de là me ruer vers le premier rencontré
au bord du chemin, non ! Quelques précautions s’imposent !
Je me demande s'il était vraiment comestible...![]()
jeudi 28 juin 2007
Théophile et Madeline.
Madame Favergues occupait cette maison depuis bien avant la
date de la prise de vue. (J’ai attrapé la photo en plein vol, un après-midi de
juin.)
Chaque matin, elle descendait les escaliers de pierre à
l’appel du boulanger. Mais bien avant cette époque, les villageois se
réunissaient chaque semaine pour allumer le four collectif et pétrir ensemble
le pain de la solidarité. Le bois ne coûtait rien et la farine si peu. La sueur
du boulanger occasionnel n’avait quant à elle pas de prix. Les flammes
dansaient autant que les langues et telle la queue des chiens heureux, rien ne
pouvait les arrêter. Le temps suspendait sa ronde impitoyable et les mots
reconstruisaient le monde qui ne faisait que tourbillonner.
Madame Fauvergues que tous appelaient Madeline, n’avait
qu’un seul but dans son existence. Elle espérait le retour d’un époux disparu
lors la seconde guerre mondiale. Ce brave Théophile était parti en maugréant
juste avant les moissons. Les épis semblaient si prometteurs…
Depuis ces temps oubliés par beaucoup, la maison s’est
laisser entortiller d’herbes et de souvenirs trop présents. Bien que leur écho
se soit perdu dans la nuit, ils étaient toujours si vivants, là, au soleil.
Deux garçonnets jouaient aux billes. Il faisait bon et les
grandes vacances débutantes préludaient des jours si beaux. Le nouveau
boulanger titilla l’avertisseur de sa fourgonnette toute neuve, comme chaque
jour.
La porte tout en haut des marches ne s’ouvrit plus jamais et
le village tout estourbi plongea dans un passé sans avenir.
Que sont devenus les deux garçonnets ? C’est une bonne
question dirait-on communément…
L’un, celui qui jouait le moins bien aux billes, est devenu
député dans la région. L’autre a fait carrière aux Philippines. Leur regard s’était
porté ailleurs et leur cœur également. Juste avant l’hiver, de retour sur leurs
racines, ils se retrouvés par hasard devant chez Madeline. Vous me croirez
difficilement mais ils se sont reconnus sur le champ.
Sur le champ de Théophile
certainement.
Une seule poignée de mains silencieuse mais extraordinairement
volontaire fut le point de départ de la restauration des marches de pierre.
Je les ai rencontrés il y a de cela quelques jours. Le temps forge des amitiés inaltérables.
Le matin de mon départ, je suis passé par le village. Par la vitre baissée, j’ai cru entendre chanter l’enclume du forgeron oublié. Son ombre plane encore dans les ruelles pavées. L’air était calme. Les rayons du soleil flânaient paisiblement sur les pierres renaissantes. Une odeur de bon pain flottait sans bruit.
Une seconde d’éternel bonheur.
dimanche 24 juin 2007
Les volets bleus.
Je me suis caché quelques jours derrière les volets bleus.
Loin de la ville et de ses bruits. Les murs épais et protecteurs m’ont gardé
dans un cocon tissé d’amitié et de confiance. Depuis un siècle et demi, leurs
pierres se tiennent et s’entretiennent sans faiblir. D’après ce qu’on m’a dit…
Les
volets sont plus récents mais qu’importe ! Ils sont efficaces. Entrouverts,
ils laissent mon regard se poser sur la colline dominante. Le fermier y entasse
le foin qu’il amène avec le tracteur rouge. C’est joli un tracteur rouge !
Des oiseaux s’échangent quelques gentillesses ou font le
jacques dans le tilleul. Ce tilleul qui commence à fleurir et dont les effluves
attirent les butineuses ailées. C’est joli une butineuse ailée ! Et dans
un tilleul fleuri, ça calme ! 
Dimanche matin, avant les heures ardentes,
j’ai désherbé les quelques mètres carrés de végétation hirsute qui encombrait
le muret. Une couleuvre chasseuse m’a surpris en se glissant entre mes pieds.
Pauvre bête ! Qu’elle a dû avoir peur ! Je l’ai suivie du regard
alors qu’elle se faufilait entre les fleurs et les pierres. Elle s’y est
glissée pour ne jamais réapparaitre. Dommage ! Je la trouvais jolie !
Se souvient-elle de mon passage en ces lieux ? J’en doute…
Je suis bien
ici, près du muret. Le matin, l’air y est vif, presque piquant. Le soleil s’était
fatigué tout au long d’une chaude journée et sentait une forte attirance vers
un horizon rougissant de plaisir. J’ai dégusté avec volupté une délicieuse
liqueur de verveine du Velay. Les collines sentaient bon. Les bêtes et les gens
ne se sentaient pas de taille à me déranger.
Allais-je rebondir vers les machines qui se parlent, s’écrivent et se répondent ? Devais-je me pencher sur mon clavier et tracer péniblement quelques lignes ?
Il y a quelques jours, l’envie m’avait quittée. Et puis j’ai reçu quelques messages de sympathie ; je me sentais un peu moins seul sur la toile…
Merci à ceux qui sont passés par mon blog ; je vous aime.






















