Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et souvent un peu plus loin.

vendredi 20 juin 2008

Merci de vous arrêter ici...

Vendredi soir. Je viens de parcourir les gentils mots que vous avez déposés ici… On ne se connaît pas mais je suis sûr de vous reconnaître en vous croisant dans la rue.

 Je vais migrer quelques jours vers cette Bretagne que j’aime tant… il me faut étreindre la Mer afin de mieux voyager dans mon jardinet.

Merci de passer par ici quand le cœur vous en dit.

Je t’aime. Je vous aime toutes et tous.

Un bol d'air rien que pour Toi!...

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mercredi 11 juin 2008

Monsieur Léopold.

B_thune_TOITS_230508__17__copieJe t’en ai déjà parlé : je n’aime pas la ville. J’ai horreur de dire « Je n’aime pas ». Je ne parviens pas à l’aimer.
Quand l’envie d’aller marcher me prend, je me tourne vers le sud, là où commence le monde vert. Mais ça, tu t’en es déjà rendue compte. Mes pas hésitent parfois et mon APN, dans sa soif de justifier son achat, me pousse vers les vagues de bitume et de vrombissements.
Me voici sur la « Grand-Place » ; on n’y joue pas Mozart, on n’y joue rien d’ailleurs. Ou pas encore ; je n’en sais rien. Il n’y a pas si longtemps, les automobiles venaient se nicher à l’ombre du beffroi pluri-centenaire. On leur a interdit ! Alors elles sont parties plus loin, ailleurs…
B_thune_TOITS_230508__14__copieTout autour se dressent des maisons étranges où se cache une faune secrète, connue de quelques privilégiés. Monsieur Léopold habitait l’une d’elle ; il me l’avait tu pendant les trois premières années de notre amicale relation. Nous nous retrouvions « par hasard » dans le jardin public où j’avais pris l’habitude de venir écouter les musiciens qui tenaient éveillé le vieux kiosque désormais endormi à jamais. C’était un vieux monsieur avec qui j’échangeais des avis sur tout ce qui tentait d’empêcher notre planète de tourner bien rond. Et nous en avions des choses à nous dire… c’étaient des secrets universels connus de tous.
Un jour où je faisais la moue sur cette haute maison tout en longueur, il me demanda ce que j’en pensais. Je lui répondis simplement qu’elle était sans doute jolie pour celui qui l’aimait mais moi je la trouvais comparable à une cage à oiseau. 
« Alors vous trouvez que je ressemble à un oiseau ? » Avait-il grognonné avant de rire de bon cœur. Ce jour-là commença une amitié éphémère qui cessa au retour de l’automne. Monsieur Léopold ne résista pas à la fin de l’été. Quelques jours auparavant, il avait tenu des propos que j’eus du mal à saisir. Il m’avait parlé de la chanson de pierre Perret, « La cage aux oiseaux »… Lui, féru de musique classique, me l’avait fredonnée. Nous étions au jardin public. Il faisait très beau.
Je sais que tu vas me dire qu’elle est triste mon histoire : pas du tout ! Monsieur Léopold m’a appris à sourire de tout mais jamais à me moquer.
B_thune_TOITS_230508__15__copieJe n’aime pas venir en ville. Pourtant, j’y viens en souvenir d’un vieux monsieur avec qui je n’ai passé que quelques heures dans ma vie mais ce furent des moments qui m’ont enrichi.
Je m’arrête devant la maison « Cage à oiseau », je regarde le ciel, je souris aux passants et, tout au fond de mon cœur je m’entends clamer ces mots :

Je vous salue Monsieur Léopold !

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lundi 7 avril 2008

Les vieux bouquins

JMS_BUREAU_vieux_livresC’était un ami d’enfance discret et solitaire. Il n’entretenait des relations étroites qu’avec un nombre réduit de personnes. Je faisais partie de son monde comme il faisait partie du mien. Sa famille était mal considérée dans notre quartier, sans que personne ne puisse expliquer les raisons de ce ressentiment.
Très tôt, il plongea dans le monde du travail en décrochant un emploi qui lui convenait. Un emploi qui lui laissait le loisir de lire, son activité favorite. Sa grande soeur lui légua un jour une somme rondelette qui s’avéra encombrante. Les « amis » poussèrent comme des champignons. Il s’en débarrassa rapidement en plaçant quelques sous dans l’achat de quelques vieux livres. Il fit croire à son entourage que tout son bien avait ainsi été englouti, laissant planer l’idée de s’être fait entourlouper. En réalité, nous avions acheté, pour quelques francs, quelques vieux ouvrages prêts à être détruits par le chiffonnier du coin. Quelques reliures en cuir mité d’un autre âge. J’étais dans la confidence et c’était une situation qui renforça notre amitié. Bizarrement, le cercle des amis spontanés s’amoindrit rapidement.
Ce ne fut que plus tard que nous nous mîmes à la lecture de cette étrange acquisition. Deux ou trois biographies d’illustres inconnus, un traité de botanique, des ouvrages vite abandonnés, mais aussi un roman lugubre qui se transforma en délice quand, chacun à notre tour, nous en lisions une page à haute voix.
Je ne me souviens plus du titre de ce roman au titre perdu dans le labyrinthe du temps. Mais ce dont je me souviens, c’est de cette amitié silencieuse et solide.
Michel n’est plus de notre monde mais chaque fois que je passe devant un lot de vieux bouquins, un sourire et des souvenirs heureux illuminent mon instant. Ne voyez pas là de la tristesse ou de la nostalgie, je me sens heureux.
C‘est tout.

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lundi 31 mars 2008

Quand tu passes, Madame...

HAIE_MD_24mars2008

Quand tu passes, Madame,
Devant le portail de mon jardin,
Tu suis ton petit chien,
Un petit chien poli qui jamais n’aboie.
Un petit chien qui prend soin de toi, Madame.
Quand tu passes, Madame,
Le long de ma haie taillée,
Tu escortes des pensées qui paraissent te fuir.
Quand tu passes, Madame,
Je ne t’entends pas, tu passes,
Tu penses sans bruit,
Comme si tu désirais ne pas déranger.
Quand tu passes, Madame,
Je redresse la tête,
Je quitte mon vert,
Je te regarde passer.
Quand tu te romps,
Quand tu te casses,
Toi la laisse du chien qui passe,
Quand ton captif compère bien élevé
Vient se réfugier à mes pieds,
Je te dis merci.
Un jour de promenade ordinaire où j’ai fait ta connaissance, Madame.
Un jour presque comme un autre,
Un jour où ta carte de visite est venue se pelotonner dans mon jardin.
Un jour dont tu me parles encore.
Dont je te parle encore.
Quand tu passes aujourd’hui, Madame,
Devant le portail de mon jardin,
Tu me souris,
Ton chien aboie de joie.
Quand tu passes, Madame,
Nous échangeons tous les mots en retard. 

 

Si tu passes par ici, Marie-Dominique,
Tu pourras t’arrêter,
Je ne t’appellerai pas « Madame » !

Promis !
http://www.youtube.com/watch?v=lNtT6iVUy7E

 

 


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dimanche 23 mars 2008

Vaisselle au camping

    Un été. Moment de vaisselle au camping. Avec Yannick, je pratiquais cette activité avec plaisir. Nous occupions deux des trois éviers de ce minuscule terrain qui n’existe plus aujourd’hui. Le style « baba cool » n’a plus cours. Nous bavardions tranquillement, devisions paisiblement sur la dure condition des cigales qui chantaient si fort au-dessus de nos têtes. Le soleil était au maximum de ses possibilités du jour et le vent était déjà à la sieste. Comme d’habitude, jeux de mots et autres légèretés du même genre fusaient. Je me souviens qu’à cette époque-là, le vieux vin de Cahors de l’ami Guy faisait un excellent et délicieux stimulant intellectuel. À l’heure de la vaisselle, notre cri de ralliement s’entendait de loin :

-Du Cahors d’accord !
Mais la vaisselle d’abord ! »

Nos mains moussues plongeaient allègrement et manipulaient l’éponge avec une mâle attitude. Nous étions en vacances, la terre était presque aussi ronde que nous et la vie merveilleuse. Bref, tout allait bien. L’ordonnancement des choses était parfait.
        Soudain, sous nos yeux ahuris, tenue par deux petites mains, une immense bassine bleue osa atterrir en cliquant ! Là, juste entre nos personnes, sur l’évier libre. Une toute petite voix se fit entendre.
        -Bonjour, messieurs
         Stupéfaction ! Ébahissement ! Étonnement ! Surprise ! Saisissement ! Émoi ! Effarement !
        -Bonjour Madame ! Vous venez faire quoi ?
        -Ben…la vaisselle !...
        -Mais ?... C’est interdit aux Dames ! Dans ce camping, seuls les messieurs sont autorisés à faire la vaisselle ! Et que fait « Môssieur » en ce moment ?
        -Il regarde le tour de France !
        -Vous lui expliquerez, chère Madame, les usages des lieux !...
        Et patati ! Et patata !

        S’en suivit, tu le devines, une conversation bon enfant, souriante et légère.
        Le lendemain, Yannick et moi avions repris notre place et notre activité coutumière montrait un dynamisme et un entrain à la limite de l’indécence quand…
        Se posa entre nous la bassine bleue, tenue par deux immenses mains ! Si ! Si ! Je t’assure ; immenses ! Et avant les mains deux avant-bras velus dont l’un arborait un tatouage inquiétant. Et au bout des bras, le torse énorme et la tête carrée d’un gaillard qui nous faisait de l’ombre ! Le colosse saisit délicatement le cigare qu’il fumait, le tapota délicatement et d’une voix grave et terrifiante :
        -C’est vous les deux « c…… » qui avez dit à ma femme que c’étaient les mecs qui devaient faire la vaisselle ici ?
        Et la scène s’acheva par des éclats de rires qui durent réveiller, si mes souvenirs sont exacts, plus d’une cigale !
        Tu me croiras si tu veux, mais j’en ris encore quand je vois une dame qui tient une bassine, quelle qu’en soit la couleur !
        Un p’tit bonheur nature !

piscine_85Un souvenir de la piscine

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vendredi 21 mars 2008

La fin des haricots.

Il restait bien peu de choses de cet excellent repas ! Un os de jambonnette achetée chez Jean-Jacques et quelques malheureux haricots dont la solitude au fond de la casserole aurait pu nous arracher quelques larmes. Personne ne s’apitoyait sur leur sort hormis le P’tit Bonhomme qui, comme souvent, était plongé dans une profonde méditation.
-À quoi penses-tu ?
-Papy ! Tu te souviens, l’autre jour, tu m’as expliqué que les haricots étaient des graines !
-Oui, bien sûr !
-Les oiseaux, ils mangent des graines ?
-Oui !
-On ne pourrait pas donner les restes de haricots aux oiseaux ?
-Pourquoi pas ?

Ce ne fut pas une bien grande entreprise mais nous discutâmes longuement de l’endroit du dépôt. Après maintes hypothèses, propositions et patati et patata, nous décidâmes de déposer le festin près de la charmille, sur une pierre plate. Mon banc de pierre, bien qu’inutile en ce moment, fut épargné. Il nous fallait pouvoir observer les visiteurs ailés en écartant tout simplement les rideaux de la cuisine.
P’tit Bonhomme déposa donc les graines cuisinées. J’avoue que j’avais des doutes ; je me demandais si cela serait du goût des merles, étourneaux, moineaux, grives ou autre.
Et le temps passa ainsi, calmement. Le mot « calmement » est inapproprié car les giboulées nous firent sursauter plus d’une fois. Grêles cinglantes et gouttes froides, coups de vent et rayons de soleil fugaces, la météo présentait quelques articles de son catalogue.  « Entre deux », comme on dit par chez nous, nous jouions au jeu des sept familles. Lors d’une accalmie, quelques moineaux s’approchèrent de l’auberge improvisée et tapèrent du bec goulument.
-J’ai l’impression que ça leur plait, hein Papy ?
-On dirait en effet !
Nous restâmes donc ainsi, le nez collé à la vitre, silencieux et complices.
-Papy ! Je me pose une question !...
-Je t’écoute…
-Les oiseaux, ils mangent des haricots mais est-ce qu’ils vont faire des prouts comme nous ?
(Là, un sourire s’est collé à mes lèvres pour toute la soirée ! Un vrai p’tit bonheur pur sucre !)

Ce que j’ai répondu ? Simplement qu’il fallait mettre tous ses sens en éveil quand on observe la nature.

Je dépose ci-dessous quelques photos de tulipes et autres fleurettes discrètes qui ont la témérité de montrer le bout de leur corolle colorée dans quelques coins privilégiés de mes soixante-quatre mètres carrés :

TULIPES1_21mars2008

TULIPES2_21mars2008

TULIPES3_21mars2008
TULIPES4_21mars2008
TULIPES5_21mars2008
TULIPES6_21mars2008

 

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jeudi 20 mars 2008

On m'a envoyé...

Ce sont quelques lignes qu'un correspondant m'a envoyées et j'ai eu grand plaisir à les lire:

Le vieux Sage 
Un très vieux sage vivait tout là haut dans une montagne aux pentes très abruptes. Les gens d'en bas, dans la plaine, allaient régulièrement le consulter lorsque se  présentait un problème insoluble pour eux.  Et vous savez quoi, le vieux sage avait toujours la solution juste.
Pour se faire, les gens d'en bas devaient escalader cette montagne aux pentes très abruptes pendant trois jours et trois nuits pour le consulter, c'était une tâche très ardue.
Un beau jour, les gens d'en bas se réunirent pour parler du vieux sage.
Un jeune homme de forte tête leur dit qu'il en avait assez d'avoir à grimper la montagne à chaque fois qu'il avait une question d'ordre existentielle. Il en avait assez et voulait que cela cesse et ne plus avoir à grimper là-haut pour consulter le vieux sage et tenter de mettre celui-ci en déroute avec une question piège. En fait, il demanda aux gens qui étaient avec lui de l'aider.
Il imagina toute sortes de questions et chaque fois que quelqu'un en proposait une nouvelle, une autre personne disait : "je lui ai déjà demander cela et il m'a répondu".
Alors le jeune homme entêté à réussir son exploit, à savoir, intimider le vieux sage, dit :
« Je sais, je vais attraper un oiseau à l'aide d'une cage et lorsque je serai en face du vieux sage je lui demanderai:  est-ce que l'oiseau que je tiens dans mes mains est mort ou vivant ? S'il répond qu'il est mort, je le laisse s'envoler, et s'il répond qu'il est vivant je le tue et lui montre l'évidence de sa tromperie. »
Alors tous les habitants d'en bas escaladèrent la montagne pendant trois jours et trois nuits pour voir la défaite du vieux sage.  Ils arrivèrent en haut avec les vêtements tout déchirés un peu partout, et voilà que le jeune homme dit : bonjour vieux sage comment allez-vous ?
Le vieux sage regarda chacun, un par un dans les yeux en les scrutant de haut en bas. Notre jeune homme dit alors, vieux sage, nous avons une question pour toi, « L'oiseau que je tiens dans mes mains, est-t-il mort ou vivant ? »  Alors le vieux sage regarda chacun encore dans les yeux un par un en prenant son temps et en les scrutant de haut en bas.
Ensuite le vieux sage regarda le jeune homme et dit : « Mon jeune ami, . . . la Vie de cet oiseau est entre vos mains »

 

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lundi 17 mars 2008

Au Relais du Romelaëre

ROMELAERErelais16mars2008  Je suis allé au restaurant avec mon Gégé. On aime se retrouver autour d’une bonne table, en toute simplicité. Cette fois, nous avons décidé de pénétrer dans le marais audomarois. Pour ceux qui ne connaissent pas le Pas-de-Calais, je précise que ce marais occupe une position centrale dans le département, autour de la ville de Saint-Omer.http://www.clairmarais.fr/
     Nous n’y avions pas mis les pieds depuis…longtemps. Par téléphone nous avons réservé une table au « relais du Romelaëre ». Excellente initiative puisque nous avons bien mangé et surtout bien rigolé !
     Nous sommes toujours heureux de nous retrouver et je suis persuadé que, finalement, le menu a peu d’importance ; l’ambiance, l’accueil et le site sont bien plus importants.
http://www.relais-romelaere.com/pages/resto.php
          Après une petite promenade digestive, nous avons pris le chemin du retour. Petite pause chez un brocanteur car Gégé cherche quelques menues bricoles à abriter derrière les volets bleus. Pendant ce temps-là, je suis allé à la chasse aux reflets, aux petites lumières et à l’inattendu. Inattendu qui m’a, si j’ose dire, tendu les bras bien blotti sur un canapé. Tableau tendresse.
De retour, je suis allé sur le petit pont et j’ai photographié la maison de Ch’Paul. (Vous vous souvenez ? C’est lui qui racontait l’histoire de Marie Groëtte !).
Et j’ai consacré mon lundi à la décoration peinture à la maison.
Fatigué ? Oui, je le suis ! Mais je sais pourquoi ! Et puis, cette bonne journée avec mon vieux pote ! Ça c’est le meilleur des remèdes !
Le bonheur c’est simple comme une poignée de main, comme une bonne table, comme un sourire, comme un clin d’œil, comme…
Je me demandais s’il existait encore beaucoup de gens capables d’apprécier ne serait-ce que la moindre bouffée d’air ? Il y a des tas de choses qui passent à notre portée et que nous laissons filer ! Ou que nous ne savons pas apprécier parce trop comme ci ou pas assez comme ça…
Et je vais t’avouer que même un simple sourire dans la rue de la part d’un ou d’une inconnu(e) est une gourmandise pour moi !
Rien que pour ça, demain je vais en ville, na !

AIRElys_16mars2008AIRElys_16mars2008_4  MaisonChPaul_16mars2008__27_

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         AIRElys_16mars2008_6_copieAIRElys_16mars2008_3

Je ne sais pas ce qui se passe mais J'ai l'impression que les photos ont une crise que je suppose printanière! A moins que ce ne soit votre serviteur qui a trop tripoté le mulot ce soir. toujours est-il que les prises de vue se sont mises dans un désordre qui, finalement, me plait assez!

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mercredi 12 mars 2008

Mes nuits sont courtes,

    Mes nuits sont courtes, bien trop brèves parfois. Celle-ci est venteuse, sombre et humide. Le vent hurle trop fort et porte loin sa voix. Je n’ai pas le moindre manteau, pas même une simple chlamyde. S’il reste une feuille morte, elle sera invitée au bal des fous. Elle sera entrainée par la spirale de ceux qui dansent sans tabous. Le vent accapare mes pensées et refuse de m’aider.
    Donne-moi une seule raison qui justifie notre désunion ! Tu vois, tu es comme moi, tu ne t’en souviens plus ! Le temps a laissé passer le temps d’oublier.
    J’entends toujours et encore le vent mais je me sens étranger à ce tumulte. Je me suis accoutumé à la solitude.
    Je ne me souviens plus d’avoir vu la lune passer dans mon ciel. Est-elle blafarde et prête à défaillir ? Je suis incapable de te le dire !
    La pendule de parquet a cogné douze fois, le vent ne l’a pas écoutée et continue à souffler le jour d’après. Les tuiles sont solidaires, elles. Je vais me laisser ensevelir par ma couette et m’agripper à mes rêves quand l’heure des paupières closes sonnera.
    Mais pour l’instant, le vent a accouché de la pluie et les sanglots du ciel clapotent en vagues successives. Juste un bon climat pour lancer la Fête de l’eau d’Haendel. Je cherche l’équilibre entre les pluies, celles des gouttes et celles des notes. Quel plaisir de se trouver blotti entre elles. Tu vois, si tu étais là, à cet instant précis, tu ne pourrais apprécier la totalité de l’évènement qu’en venant t’asseoir sur mes genoux. Et là, je t’assure, mais tu le sais déjà, la terre s’arrêterait de tourner. Tu poserais tes mains brûlantes sur mes mains tendres, nous laisserions naître de nouveaux souvenirs.
    Et le vent continuerait de souffler…

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samedi 8 mars 2008

8 mars 2005: c'était leur fête!

J'ai osé ces lignes il y a trois ans et je viens de les retrouver!

Ma petite cuillère tournait dans la tasse depuis un bon moment déjà ; la radio déclamait imperturbablement des choses que je savais depuis longtemps. Une information me titilla l’oreille (je ne vous préciserai pas laquelle car je tiens à ma vie privée !).
« C’est leur fête ! »
A qui ?
« Où que vous les rencontrez, n’oubliez pas de leur souhaiter une bonne fête ! »
Un petit déjeuner vite englouti, hop dans la rue. Il y en avait en effet partout !
Là ! Une solitaire qui sert d’écrin au plus joli sourire rencontré depuis le saut du lit !
Là ! Une autre ! Un buissonnet pétillant d’amour et ses deux petits Amours accrochés au bout des bras !
Et là ! Encore d’autres ! Tout un bouquet ! Des brunes et des blondes et des rousses et le reste de l’arc en ciel ! Au-dessus de leur tête des mots qui s’envolaient comme des oiseaux amoureux !
Et puis là encore ! Une autre qui se regarde dans le rétroviseur ! Des yeux de biche dans un monde de brutes.
Il y en avait partout !
Imaginez ma joie de les voir libres d’aller et venir, voletant de ci, de là, partout !
A toutes j’ai souri en leur souhaitant une bonne fête.
Messieurs, si vous voyiez mon panier de ce matin, vous seriez jaloux !je ne suis pas allé au marché du bonheur mais j’ai ramené des sourires, des regards, des clins d’œil, des ondulations, des mots doux, des mots gentils, et même quelques bisous qui vont de la tendresse la plus tendre à la passion la plus … passionnée !
Mesdames, comme j’aimerais que vous soyez fêtées chaque jour. Car, grâce à vous, je vois le soleil se lever plusieurs fois par jour !
(Soupir).
Demain, je me laisserai aller à ma gourmandise, des petits bonheurs comme çà, j’en veux tous les jours !

 

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