dimanche 1 juin 2008
Les pieds dans l'eau...
La matinée était accueillante et j’en avais profité pour moissonner
quelques photos. Cette fois-ci, j’avais mon APN. Je t’avoue qu’il n’y a pas
longtemps encore, j’ignorais la signification de ces trois lettres. APN,
Appareil Photo Numérique.
Pieds nus et tête au vent, je m’imbibais voluptueusement,
voire charnellement, de toutes ces sensations qui se laissaient capturer sans
opposer la moindre résistance.
Je fredonnais « Le vent dans mes cheveux blonds, … ».
De quoi faire rire les mouettes de passage. Mes cheveux blonds ne sont même
plus un souvenir. Sauf dans un coin de ma mémoire, un coin enfoui où le petit
garçon que j’étais souffrait d’être trop blond. Autre époque trop proche de
celle qui la précédait…
J’aime marcher sur le sable humide. Je ne sais pas si tu
aimes cela mais j’ai l’impression de faire corps avec la terre marine, la terre
des marins, la terre des pêcheurs. Les cailloux chavirés, les algues oubliées,
les grains incertains me racontent silencieusement leur histoire, parfois leurs
mémoires, tant leur durée est démesurée.
As-tu jamais écouté le chant de la vague qui expire ?
T’es-tu jamais penchée sur ce que la couette écumeuse découvre pudiquement au
lever du jour ? Et tenant ta main dans celle d’un ami, as-tu déjà senti le
premier rayon d’un soleil levant sur ta joue ?
et si tu sais "cliquer, ...
Faisons quelques pas ensemble, tu viens?...
jeudi 29 mai 2008
Sur un rai...
Les vagues ont laissé leurs pas afin que je puisse y mêler
les miens. Elles sont venues nombreuses en cette nuit où la lune a bien voulu
m’accueillir sous sa vapeur de plume. La marée a coulé sans bruit par delà
l’horizon et l’obscurité muette a posé ses sceaux de coquillages vides.
J’entends encore soupirer quelques vaguelettes lointaines meurtries par
quelques chagrins méconnus des terriens. Un reflet moite s’égare dans les
dernières eaux de l’océan endormi. Juste un creux négligé par les laborieux ressacs
ressassés. Juste un sablier oublié par le temps qui est passé. Les bosses dures
du relief abandonné par le jour caresse mes pieds nus qui n’osent aller plus
loin dans l’encre qui s’étale. Je me suis assis sous la lune, elle me sourit,
me protège et m’enveloppe dans une douce torpeur langoureuse.
Plus tard, à l’heure où le vent brisera l’élan d’un fugace
sommeil volé à ma nuit, je retournerai vers mon toit. Il m’attend, lui.
Ces mots ont glissé sur un rayon de ta lumière. Il leur fallait encore quelque chose, quelque chose de toi, ou de moi. De nous. En pensée, je suis retourné là-bas, et j’ai ramené ceci. Ce n’est qu’un bol d’air, un tout petit bol d’air mais j’espère qu’il te conviendra. Je lui ai adjoint un compagnon musical que j’écoute souvent.
Clique ici===> Bonne promenade.
lundi 19 mai 2008
Je marchais sur la plage
Je marchais sur la plage et je me demandais ce que je serais
devenu sans toi…
Je ne savais pas où j’allais, je papillonnais le long de mon
chemin sans prendre garde aux lendemains. Le cadran de ma montre était fixé à
mon regard pendant les heures de travail et n’était plus rien en dehors. Pas
même un hoquet.
Tu m’as appris sans le vouloir une montagne de choses sur le
monde des gens qui nous entourent. Je ne les perçois pas toujours à ta façon
mais c’est un autre rayon qui les éclaire. Et ça me plait.
Tu as su me prendre la main quand je battais des ailes,
quand j’espérais atteindre des étoiles lointaines hors de ma portée de terrien.
Tu as su me faire boire l’eau de la fontaine que je
dédaignais, l’eau que je n’écoutais même plus chanter entre les cailloux.
J’ai beaucoup appris de toi, surtout quand tu me disais que
c’est toi qui apprenais de moi. Étrange alchimie valsant entre tendresse et
regards noirs, t’en souviens-tu ?
J’ai appris que le ciel pouvait être lumineux dès la
première heure d’un matin de pluie. Il suffisait de penser à quelqu’un que l’on
aimait. Bien ou beaucoup, c’est sans importance.
J’ai appris qu’attendre attise les premières étincelles de
l’amour ou de l’amitié et que tout cela n’était pas que des reflets dans un
sable mou après le retrait d’une marée indolente.
J’ai appris qu’il suffisait parfois d’être là pour sécher
des larmes, surtout celles qu’on ne voit pas.
Tu ne crois plus au bonheur, on a brisé tes ailes. Mais tu
sais sourire et cligner de l’œil quand je te dis qu’il fait beau aujourd’hui.
Le moindre petit geste est une joie pour moi, le moindre
petit mot un cadeau pour toi.
Je marche sur la plage. Et ça me plait.
jeudi 15 mai 2008
Les travailleurs de la Mer. Gouville-sur-Mer
Surprise. J’étais persuadé de découvrir un rivage
tranquille, loin de la ville.
Loin de la ville, je l’étais.
Un essaim de
tracteurs nichait sur la plage. Les Travailleurs de la mer occupaient les
lieux. Ils s’aidaient des machines pour déposer et reprendre leurs
embarcations, leur outil de travail.
Une curieuse rencontre de pas d’homme, de traces de roues, d’algues oubliées par la marée, de rochers émigrés. Le sable ne bronchait pas et les roues faisaient trempette sans mot dire. La marée filait vers l’horizon, là où les hommes plongent les mains dans les vagues.
Lui, délaissé pendant quelques heures, ne s’ennuie guère. Il
écoute les belles histoires que les coquillages enfouis se racontent. Les
praires sont intarissables selon les dires d’une joyeuse bande de moules qui
avaient déserté leur bouchot.
Et ils attendant. Ils attendent leurs propriétaires. Ils ne peuvent pas les accompagner sur le chemin liquide. Fidèles compagnons, ils attendent le retour des maîtres.
Enfin ! Finie la solitude ensablée ! Terminée
l’attente interminable ! Ils n’écoutent plus les belles histoires, voici
le moment de prouver leur fidélité.
L’homme et la mer, l’homme et l’amer, parfois. Que voilà un
dur métier, si peu récompensé!
Tu sais, je les ai longtemps regardé ces travailleurs. Le
plus longuement possible car à peine échoués ils repartaient vers d’autres
besognes vitales.
L’essaim de tracteurs se disséminait sans jeter le moindre
regard vers les touristes de passage.
La mer reprenait sa respiration et l’infini des vagues
rejoignait l’infini du temps. Je fermai les yeux et sans mot dire, je laissais
le vent emplir ma poitrine. Mes rêves auront un goût de sel cette nuit.
Travailleurs de la mer, j’ai tenté de pêcher pour vous
quelques mots.
lundi 12 mai 2008
Escapade normande...
Diésélito a ronronné tout le long du chemin et m’a ramené tout souriant au cœur de mes soixante-quatre mètres carrés. Il a ronronné comme l’aurait fait Chatoune dans le creux d’une épaule hospitalière (je voulais dire « accueillante » !) les jours où la vie s’écrit sans majuscule.
La maison et ses murs de
briques rouges, le toit et ses tuiles grises, le jardin et ses fleurs pétantes
de couleurs, la pelouse et ses fourmis d’Argentine, le banc de pierre et ses
fougères accueillantes, tout était en place ! Malgré les multiples
rotations du globe terrestre, rien n’avait changé !
En Normandie, j’ai passé
quelques jours délicieux, difficile de faire autrement.
J’ai apprécié les cieux, j’ai
apprécié la mer.
J’ai apprécié à petites
gorgées, et petites et grosses bouffées. Le soleil, ce taquin, a presque fait
croustiller ma peau mais je ne me suis pas laissé faire. J’avais prévu la
pluie, c’est tant pis ! Pas une seule goutte, même à l’horizon ! Je
ne saurais pas si les escargots sourient en Normandie ! Les seuls animaux
entreprenants visibles et actifs furent les huîtres et les coquillages !
Je te sens sceptique, je te
raconte…
Assis en traître sur un coin
discret de sable tiède, je pratiquais les contrôles habituels sur les sens de rotation de la
planète, sur l’étanchéité de mes paupières (en pointillé seulement, je n’ai pas
les nerfs assez solides !), sur la linéarité du vol des oiseaux de mer. Tu
peux donc imaginer à quel point j’étais occupé ! Malgré une concentration
intense, mon regard fut violemment attiré par une scène dont la rudesse était
inimaginable. Je te raconte en y mettant une bonne dose de délicatesse afin de
t’éviter des émotions trop fortes.
À mes pieds, dans le sable
humide de la dernière marée, un bigorneau joufflu était poursuivi par un
bivalve agressif. J’ignore le nom de ce dernier. Un combat acharné était engagé
et les adversaires se défendaient hardiment. Soixante-quinze minutes
d’engagement total. J’étais épuisé, je n’en pouvais plus ! Je ne savais
que faire ! Je ne pouvais m’engager, je tiens trop à la vie !
C’est alors qu’un crabe
mélancolique, moustaches au vent, mit fin aux hostilités d’un claquement de
pince !
«Bon ! Ça suffit
maintenant ! »
Ces paroles, j’ai tenu à te
les rapporter avec quelques vues de la plage témoin. Une plage de Normandie, du
côté d’Agon-Coutainville.

























