Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et souvent un peu plus loin.

dimanche 1 juin 2008

Les pieds dans l'eau...

PLAGE_grosplan_BLOG_1La matinée était accueillante et j’en avais profité pour moissonner quelques photos. Cette fois-ci, j’avais mon APN. Je t’avoue qu’il n’y a pas longtemps encore, j’ignorais la signification de ces trois lettres. APN, Appareil Photo Numérique.
Pieds nus et tête au vent, je m’imbibais voluptueusement, voire charnellement, de toutes ces sensations qui se laissaient capturer sans opposer la moindre résistance.
Je fredonnais « Le vent dans mes cheveux blonds, … ». De quoi faire rire les mouettes de passage. Mes cheveux blonds ne sont même plus un souvenir. Sauf dans un coin de ma mémoire, un coin enfoui où le petit garçon que j’étais souffrait d’être trop blond. Autre époque trop proche de celle qui la précédait…
PLAGE_grosplan_BLOG_2J’aime marcher sur le sable humide. Je ne sais pas si tu aimes cela mais j’ai l’impression de faire corps avec la terre marine, la terre des marins, la terre des pêcheurs. Les cailloux chavirés, les algues oubliées, les grains incertains me racontent silencieusement leur histoire, parfois leurs mémoires, tant leur durée est démesurée.  
As-tu jamais écouté le chant de la vague qui expire ? T’es-tu jamais penchée sur ce que la couette écumeuse découvre pudiquement au lever du jour ? Et tenant ta main dans celle d’un ami, as-tu déjà senti le premier rayon d’un soleil levant sur ta joue ?

et si tu sais "cliquer, ...
Faisons quelques pas ensemble, tu viens?...

PLAGE_grosplan_BLOG_3

PLAGE_grosplan_BLOG_4

PLAGE_grosplan_BLOG_5

PLAGE_grosplan_BLOG_6

PLAGE_grosplan_BLOG_7

PLAGE_grosplan_BLOG_8

Posté par Tonton J à 11:54:00 A - Escapade Normande - Commentaires [43] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 29 mai 2008

Sur un rai...

Reflet1_Mai2008__79_Les vagues ont laissé leurs pas afin que je puisse y mêler les miens. Elles sont venues nombreuses en cette nuit où la lune a bien voulu m’accueillir sous sa vapeur de plume. La marée a coulé sans bruit par delà l’horizon et l’obscurité muette a posé ses sceaux de coquillages vides. J’entends encore soupirer quelques vaguelettes lointaines meurtries par quelques chagrins méconnus des terriens. Un reflet moite s’égare dans les dernières eaux de l’océan endormi. Juste un creux négligé par les laborieux ressacs ressassés. Juste un sablier oublié par le temps qui est passé. Les bosses dures du relief abandonné par le jour caresse mes pieds nus qui n’osent aller plus loin dans l’encre qui s’étale. Je me suis assis sous la lune, elle me sourit, me protège et m’enveloppe dans une douce torpeur langoureuse.
Plus tard, à l’heure où le vent brisera l’élan d’un fugace sommeil volé à ma nuit, je retournerai vers mon toit. Il m’attend, lui.

Clapotis
Reflet3_Mai2008__79_

Ces mots ont glissé sur un rayon de ta lumière. Il leur fallait encore quelque chose, quelque chose de toi, ou de moi. De nous. En pensée, je suis retourné là-bas, et j’ai ramené ceci. Ce n’est qu’un bol d’air, un tout petit bol d’air mais j’espère qu’il te conviendra. Je lui ai adjoint un compagnon musical que j’écoute souvent.

Clique ici===>     Bonne promenade.

Posté par Tonton J à 09:28:00 P - Escapade Normande - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 19 mai 2008

Je marchais sur la plage

JM_solitudePlage_18mai2008Je marchais sur la plage et je me demandais ce que je serais devenu sans toi…
Je ne savais pas où j’allais, je papillonnais le long de mon chemin sans prendre garde aux lendemains. Le cadran de ma montre était fixé à mon regard pendant les heures de travail et n’était plus rien en dehors. Pas même un hoquet.
Tu m’as appris sans le vouloir une montagne de choses sur le monde des gens qui nous entourent. Je ne les perçois pas toujours à ta façon mais c’est un autre rayon qui les éclaire. Et ça me plait.
Tu as su me prendre la main quand je battais des ailes, quand j’espérais atteindre des étoiles lointaines hors de ma portée de terrien.
Tu as su me faire boire l’eau de la fontaine que je dédaignais, l’eau que je n’écoutais même plus chanter entre les cailloux.
J’ai beaucoup appris de toi, surtout quand tu me disais que c’est toi qui apprenais de moi. Étrange alchimie valsant entre tendresse et regards noirs, t’en souviens-tu ?
J’ai appris que le ciel pouvait être lumineux dès la première heure d’un matin de pluie. Il suffisait de penser à quelqu’un que l’on aimait. Bien ou beaucoup, c’est sans importance.
J’ai appris qu’attendre attise les premières étincelles de l’amour ou de l’amitié et que tout cela n’était pas que des reflets dans un sable mou après le retrait d’une marée indolente.
J’ai appris qu’il suffisait parfois d’être là pour sécher des larmes, surtout celles qu’on ne voit pas.
Tu ne crois plus au bonheur, on a brisé tes ailes. Mais tu sais sourire et cligner de l’œil quand je te dis qu’il fait beau aujourd’hui.
Le moindre petit geste est une joie pour moi, le moindre petit mot un cadeau pour toi.

Je marche sur la plage. Et ça me plait.

Ce que j'écoute ce soir


Posté par Tonton J à 12:22:00 A - Escapade Normande - Commentaires [38] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 15 mai 2008

Les travailleurs de la Mer. Gouville-sur-Mer

Travailleurs_de_la_mer_1

Surprise. J’étais persuadé de découvrir un rivage tranquille, loin de la ville.
Loin de la ville, je l’étais.
Un essaim de tracteurs nichait sur la plage. Les Travailleurs de la mer occupaient les lieux. Ils s’aidaient des machines pour déposer et reprendre leurs embarcations, leur outil de travail.

Travailleurs_de_la_mer_2

Une curieuse rencontre de pas d’homme, de traces de roues, d’algues oubliées par la marée, de rochers émigrés. Le sable ne bronchait pas et les roues faisaient trempette sans mot dire. La marée filait vers l’horizon, là où les hommes plongent les mains dans les vagues.

 

Travailleurs_de_la_mer_3

Lui, délaissé pendant quelques heures, ne s’ennuie guère. Il écoute les belles histoires que les coquillages enfouis se racontent. Les praires sont intarissables selon les dires d’une joyeuse bande de moules qui avaient déserté leur bouchot.


Travailleurs_de_la_mer_4

Et ils attendant. Ils attendent leurs propriétaires. Ils ne peuvent pas les accompagner sur le chemin liquide. Fidèles compagnons, ils attendent le retour des maîtres.


Travailleurs_de_la_mer_5

 

Enfin ! Finie la solitude ensablée ! Terminée l’attente interminable ! Ils n’écoutent plus les belles histoires, voici le moment de prouver leur fidélité.


Travailleurs_de_la_mer_6

L’homme et la mer, l’homme et l’amer, parfois. Que voilà un dur métier, si peu récompensé!
Tu sais, je les ai longtemps regardé ces travailleurs. Le plus longuement possible car à peine échoués ils repartaient vers d’autres besognes vitales.
L’essaim de tracteurs se disséminait sans jeter le moindre regard vers les touristes de passage.
La mer reprenait sa respiration et l’infini des vagues rejoignait l’infini du temps. Je fermai les yeux et sans mot dire, je laissais le vent emplir ma poitrine. Mes rêves auront un goût de sel cette nuit. 
Travailleurs de la mer, j’ai tenté de pêcher pour vous quelques mots.

Posté par Tonton J à 10:40:00 P - Escapade Normande - Commentaires [27] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 12 mai 2008

Escapade normande...

Diésélito a ronronné tout le long du chemin et m’a ramené tout souriant au cœur de mes soixante-quatre mètres carrés. Il a ronronné comme l’aurait fait Chatoune dans le creux d’une épaule hospitalière (je voulais dire « accueillante » !) les jours où la vie s’écrit sans majuscule.

BancDePierre_120508_1La maison et ses murs de briques rouges, le toit et ses tuiles grises, le jardin et ses fleurs pétantes de couleurs, la pelouse et ses fourmis d’Argentine, le banc de pierre et ses fougères accueillantes, tout était en place ! Malgré les multiples rotations du globe terrestre, rien n’avait changé !


En Normandie, j’ai passé quelques jours délicieux, difficile de faire autrement.
J’ai apprécié les cieux, j’ai apprécié la mer.
Plage_AgonCoutainville_3J’ai apprécié à petites gorgées, et petites et grosses bouffées. Le soleil, ce taquin, a presque fait croustiller ma peau mais je ne me suis pas laissé faire. J’avais prévu la pluie, c’est tant pis ! Pas une seule goutte, même à l’horizon ! Je ne saurais pas si les escargots sourient en Normandie ! Les seuls animaux entreprenants visibles et actifs furent les huîtres et les coquillages !
Je te sens sceptique, je te raconte…
Plage_AgonCoutainville_1Assis en traître sur un coin discret de sable tiède, je pratiquais les contrôles habituels sur les sens de rotation de la planète, sur l’étanchéité de mes paupières (en pointillé seulement, je n’ai pas les nerfs assez solides !), sur la linéarité du vol des oiseaux de mer. Tu peux donc imaginer à quel point j’étais occupé ! Malgré une concentration intense, mon regard fut violemment attiré par une scène dont la rudesse était inimaginable. Je te raconte en y mettant une bonne dose de délicatesse afin de t’éviter des émotions trop fortes.
Plage_AgonCoutainville_2À mes pieds, dans le sable humide de la dernière marée, un bigorneau joufflu était poursuivi par un bivalve agressif. J’ignore le nom de ce dernier. Un combat acharné était engagé et les adversaires se défendaient hardiment. Soixante-quinze minutes d’engagement total. J’étais épuisé, je n’en pouvais plus ! Je ne savais que faire ! Je ne pouvais m’engager, je tiens trop à la vie !
C’est alors qu’un crabe mélancolique, moustaches au vent, mit fin aux hostilités d’un claquement de pince !
«Bon ! Ça suffit maintenant ! »

Ces paroles, j’ai tenu à te les rapporter avec quelques vues de la plage témoin. Une plage de Normandie, du côté d’Agon-Coutainville.

 

 

Posté par Tonton J à 10:02:00 P - Escapade Normande - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1