Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et un peu plus loin.

jeudi 30 octobre 2008

Lignes endormies

J'avais écrit ces lignes il y a quelques mois. Elles s'étaient endormies mollement dans un coin du disque dur, elles sentaient que je ne les aimais pas beaucoup. Et puis il y a eu une petite lumière dans la nuit qui m'a incité à les publier ici. Bien sûr, j'ai cherché une photo pour illustrer mais comme tu peux le constater, je l'avais déjà prise il y a quelques temps. Vraiment pas doué pour les collages, j'ai utilisé les feuilles récupérées dans un coin de mes soixante-quatre mètres carrés!

Tu te demandes peut-être pourquoi j’aime m’asseoir sur mon banc de pierre alors que l’air se rafraichit ? C’est qu’il est le seul endroit où je peux méditer dans le calme et la sérénité. C’est le seul endroit où les visages de ceux que j’ai aimés viennent se blottir sous mes paupières, nimbés dans de doux souvenirs. Je préfère l’heure de la grande bascule, quand l’air du jour cède la place à l’air de la nuit.

S’intercalent ensuite les visages de ceux que j’aime. L’harmonie du bouquet se fait seule, au gré des hasards de la chimie de mon cerveau. Tu ne seras pas surprise si je te disais que souvent mes bras se referment sur le vide. Pas sur le néant. Elles et Ils sont plus loin que la longueur de mes membres. La terre tourne et les visages passent. Pourtant, j’aurais tant besoin de serrer, d’embrasser et de caresser aussi. J’ai besoin d’aimer, de partager et d’échanger également. Dans les minutes moites qui précèdent le soir profond, il m’est plus facile de leur parler en secret. Car il ne faut pas que ça se sache ! Il ne faut pas que l’on sache que je converse encore avec les contemporains qui vivent loin et les absents qui sont si près. Pourquoi ? Me demandes-tu ? Tu peux demander, je ne te répondrai pas. Je ne donne pas de réponses quand je n’en ai pas. Tu le sais bien.

Le petit chat est fâché après moi. J’avais oublié que nous ne vivions pas dans la même dimension. Il n’a pas apprécié mes caresses. Ou les repas que je lui ai offerts. Il a déjà oublié que je l’avais nourri au biberon quand il s’était retrouvé seul, bousculé par les vicissitudes de la vie. Je n’espère qu’une chose, qu’il revienne se frotter contre moi. Je le reprendrai comme autrefois, en le respectant.

Me voici dans le bureau. Mon bureau. Mon domaine. J’y vois venir la nuit, parfois poindre le petit jour. Les merles des étés naissants s’y font entendre par la fenêtre toujours ouverte. Ou entrouverte. Les livres se sont endormis  mais la poussière ne parvient pas à les tenir au chaud, j’y veille. Un véritable cocon de papillon nocturne. 

AUTOMNE_coins_coll_s

Posté par Tonton J à 11:42 - Humeur du moment - Commentaires [25] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Bonjour

Beau moment très personnel, au delà des apparences -
Valériane.

Posté par Laquotidienne, jeudi 30 octobre 2008 à 12:00

Le silence est plus peuplé que la vie trépidante des vivants... plus intensément dense et bruissant de mille vies, de mille présences absentes...

Posté par Line, jeudi 30 octobre 2008 à 12:05

Il est doux ce moment où on lache prise et qui permet de retrouver tous ceux que l'on a aimé, mais bien doux aussi de serrer ceux qu'on aime

Posté par Bindou, jeudi 30 octobre 2008 à 12:13

j'espère que tu as d'autres pages de "cette eau", qui se prélassent encore dans tes tiroirs !!!

Bon après midi.

Posté par patriarch, jeudi 30 octobre 2008 à 14:44

Bien sur que si , tu es très doué.. pour les collages du présent avec le passé...c' est lui et sont ceux qui nous ont aimé , qui ont fait ce que nous sommes aujourd' hui...
Merci la Vie

Posté par Mathilde, jeudi 30 octobre 2008 à 15:36

Merci Tonton Jeannot !

Posté par Petite lumière, jeudi 30 octobre 2008 à 19:34

Beaucoup d'émotions dans ton texte qui est si beau. Tes mots si secrets racontent bien la distance qui sépare les êtres chers, ceux qui vivent loin et les absents qui restent toujours en nous.
Le papillon de nuit à écouté la petite lumière... il a bien fait !
Gros bisous TJ

Posté par Fanzesca, jeudi 30 octobre 2008 à 21:47

Heureusement que ces lignes endormies se sont réveillées!!
Très beau texte... un peu nostalgique...
Une douce pensée pour les "absents" qui sont toujours en nous...
Merci!
Bisous et douce soirée
Mon blog déco
http://ptibonheurdariel.canalblog.com/ et
Notre blog photos "Arielle & Gilbert"
http://passionphotos78.canalblog.com/

Posté par Arielle78, jeudi 30 octobre 2008 à 22:46

ce petit banc de pierre
me fait rêver
s'asseoir sur un petit banc de pierre
lever la tête vers les étoiles
et retrouver ceux disparus qu'on a aimé
ceux que l 'on aime
rêver
que cette photo est belle et apaisante
merci TJ mon rêve ce soir
est si plein d 'amour naik

Posté par naik, jeudi 30 octobre 2008 à 23:00

Ta photo contient la profondeur et la clarté de tes mots.
Il fallait que je te le dise.
Belle nuit TJ

Posté par Fanzesca, vendredi 31 octobre 2008 à 00:03

LES PHRASES

...les visages de ceux que j'ai aimés se blottir sous mes paupières...

...il ne faut pas qu'on sache que je converse encore avec ... et les absents qui sont si près .
Maïté

Posté par radiocrochet, vendredi 31 octobre 2008 à 12:03

N'aimant pas trop lire sur un écran, comment peut-on imprimer ces "quelques lignes".
La plaisir de lire et relire...quand mes pensées rencontreront une nouvelle fois la solitude.
J'adore ce texte et je vais me plonger dans ce blog du Monde qui passe

Posté par Alaplage, vendredi 31 octobre 2008 à 12:53

coucou

C'est vrai que lorsque l'on se retrouve à s'asseoir sur un banc et que l'on admire la nature, aussitôt on se met à penser à tes choses parfois triste, on repense aux personnes que l'on aime, parfois éloignées ou partis
Mais ça este de très bons souvenirs qui nous rendent triste
Bisous

Posté par corinne, vendredi 31 octobre 2008 à 13:45

Un texte superbe et nostalgique.
Bonne journée dans le souvenir...

Posté par cristina, samedi 1 novembre 2008 à 10:47

Une bien jolie image et tes "collages " sont parfaits mais tes lignes "pleurent" et je souffre de ta solitude qui parfois t'étouffe comme la liane folle !
Bisous Cher Tonton et merci de ce gentil mot pour mes tuites ans !

Posté par JO TOURTIT, samedi 1 novembre 2008 à 17:57

Malheureux celui qui ne peut se réfugier dans ses souvenirs... Je suis venue, je t'ai lu, je suis partie puis revenue...
Bonne nuit TJ

Posté par kaskavelle, samedi 1 novembre 2008 à 20:12

Que dire sur ces paroles, j'ai envie de reprendre une phrase que j'aime, puis deux, et c'est tout le texte qui suit, de l'émotion dans cette simplicité des mots et de la vie.

Avec pleins de bisous de zibulinette

Posté par zibulinette, dimanche 2 novembre 2008 à 11:35

sur ton banc

dis tu me fais uen petite place je suis si petite pense donc une fourmi ,je ne parlerai pas ,je ne bougerai pas tant et si bien que tu oublieras que je suis là mais moi je le saurai!
moi aussi j'ai un petit coin à moi dans cet immense parc au debut c'était un tabouret mais mes genoux et mon dos ont exigé une chaise plus confortable pour regarder sans les voir les poissons de mon bassin!l'esprit ne connait ni le temps ni les distances ,il est libre et j'aime ces moments où je lui laisse toute sa liberte !
grosses bises

Posté par petite fourmi, dimanche 2 novembre 2008 à 14:33

chuut !

...

Posté par pict, dimanche 2 novembre 2008 à 18:17

Bonsoir mon poète préférée , mon ami mystérieux , je suis si heureuse de te retrouver , de relire tes mots doux qui m'enchantent !!

Posté par jane, lundi 3 novembre 2008 à 22:23

Heu..Jane!

T'exagères! Tu vas réussir à me faire rougir!

Posté par TJ, lundi 3 novembre 2008 à 22:27

Un petit coucou

Bonsoir TJ, je passe vous faire un petit coucou, toujours aussi beau votre blog , j'adore vous lire et je vais poursuivre ma visite. Il est vrai que je ne viens pas souvent, j'aimerai savoir écrire comme vous j'en aurai à raconter, en plus votre façon de le dire ralala !!!!! votre voisine hihihihi.

Posté par gigi, mardi 4 novembre 2008 à 18:10

ce texte est profond, j'ai attendu ce matin parce que l'aube est plus facile à passer que le crépuscule

Posté par n-talo, mercredi 5 novembre 2008 à 07:10

"Il ne faut pas que l’on sache que je converse encore avec les contemporains qui vivent loin et les absents qui sont si près."
Dieu, que c'est beau !

Posté par sylau85, vendredi 7 novembre 2008 à 01:18

Bonsoir,
quelle quiétude ressort dans ces lignes oubliées et incite à l'inspiration !.........
Bises et bonne soirée
LILI

Posté par LILI, dimanche 23 novembre 2008 à 20:04

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