Soixante-quatre mètres carrés

samedi 21 janvier 2012

La Marguerite oubliée

blog jardin 211111 (7)

Je me sens bien. Bien dans ma tête, bien dans mon corps. Je viens juste de papoter avec les « petits », qui d'ailleurs, sont de plus en plus grands. Pour atteindre mes quatre-vingt treize mètres carrés (Tu sais ?.. Ma nouvelle parcelle!). Il me faut traverser mes soixante-quatre mètres carrés (Tu me suis?). Avant d'atteindre le portillon, je m'attarde un peu. Ma voisine chante en s'accompagnant au piano. C'est une jeune et petite dame, cantatrice (Si!Si !...Une vraie!). Mais elle a du « coffre » ! C'est incroyable ! 

Alors je musarde auprès de quelques plantes : le cornouiller aux branches rouge vif., l'hortensia paniculata, la charmille dénudée... Il faut dire qu'en automne, il ne reste pas grand chose sur les branches... Mais il me faut un alibi et c'est le meilleur. Mes fidèles soixante-quatre mètres carrés sont mes plus convaincants complices. J'écoute.
Splendide.
D'entendre à quelques pas de moi une si jolie voix, c'est un moment exquis.

 Je passe le portillon juste après le final d'un grand air et je vagabonde dans mon jardinet endormi. Dans le carré potager, les dernières salades se sont fanées en silence, servant de pitance aux merles et aux moineaux. Le persil plat est plus qu'à plat. De mes plantations de l'an dernier, seul le thym dresse encore la tête.

 Un peu plus loin, vers le jardin de Loïc, je suis la clôture, tranquillement. C'est bon de se blottir dans cette paix.
-psttt !...TJ !
-Hmmm ?...
-C'est moi ! La Marguerite oubliée par un été qui ne voulait pas porter son nom !...
-Une fleur qui m'interpelle !...
-Je me suis laissée aller à fleurir hors saison, espérant qu'une marguerite puisse un jour amener la saison nouvelle.
-Une hirondelle ne fait pas...
-Je sais...Je sais...
-Je peux faire quelque chose pour toi ?
-Emmène-moi chez toi, s'il te plait...
-Mais tu n'es pas faite pour vivre sous un toit, au chaud, déracinée !
-Je préfère mourir près de toi, que seule au bout de ton jardin !
Insolite dialogue.

J'emmène la fleur dans mon chez-moi. Je plonge sa tige meurtrie dans un vase confortable.Il est soir et je me surprends à lui souhaiter une bonne nuit en éteignant la lumière..

Lendemain matin.
Le jour se lève en éclairant tout en douceur un pétale de marguerite sur lequel je peux lire ces mots :
Je reviendrai l'été prochain...

Posté par Tonton J à 23:32 - - Commentaires [65] - Rétroliens [0]
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mardi 10 janvier 2012

On est bien ici...

TJ seul plage
Le soir monopolise les lieux de ses lumières envahissantes. Le sable offre à mes pieds la chaleur du jour déclinant. La terre étourdie par une journée imprégnée du vacarme des migrateurs estivaux s'étire pour ne rien perdre de la sérénité annoncée. C'est maintenant que la plage va se laisser prendre par une mort exquise...
Je m'arrête et je laisse mes yeux s'abreuver...
Une femme longue s'avance et se laisse guider par un gros chien débonnaire. Elle serait bien venue tout à l'heure mais le panneau « Interdit aux animaux » claironnait son cercle rouge. Ce soir, personne ne le voit...Ou personne n'est plus là pour le voir. Elle se tient droite et se glisse entre des pensées qu'elle dissimule sous des lunettes solaires inutiles. Sur son dos, un sac laisse apparaître les lacets d'une chaussure mal rangée. Une écharpe se joue du vent autour de son cou et lui donne des airs d'oiseau naufragé...
De l'autre côté, un homme se promène en se laissant guider par un appareil photo en bandoulière. Il serait bien venu tout à l'heure mais un soleil bien trop haut écrasait les ombres des vacanciers trop nombreux. Ce soir, personne n'est là...Ou tout le monde est parti. Il se tient droit et sa silhouette souple coupe la ligne d'horizon en silences. Sur son dos, un sac rouge et vert laisse apparaître un vêtement rangé à la hâte. A son cou, un lacet de cuir se joue du rythme de ses pas et lui donne des airs de corsaire en mal de voyage. Il promène sa solitude...
Mais des deux, lequel est le plus seul ?

Ils se sont croisés sans un mot, sans un regard. Deux solitudes se sont croisées un soir, sur une plage, entre ciel et terre.

Pourquoi ne se sont-ils pas souri ? 
N'échanger qu'un sourire.
N'échanger qu'un regard.

Je les ai laissés s'éloigner. Un groupe de jeunes est passé. L'un d'entre eux m'a salué, les autres ont suivi. On a partagé quelques mots. Des mots de tous les jours. Des mots qui disent qu'on est bien ici et qu'on aime partager.
Blog 281110Golfe mai09 3 

Posté par Tonton J à 23:15 - - Commentaires [64] - Rétroliens [0]
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Pause. Quelque part en France...

Vergues 2010 (47)J'avais décidé de poser mes pas dans ce petit coin de France où je n'avais toujours fait que passer. Le paysage dans lequel je m'étais plongé était tout simplement magnifique. Mes pensées se mirent à voltiger dans un air qui me semblait plus pur qu'ailleurs. Juste à ce moment précis, je ne pensais plus au reste du monde. Comme si j'étais assis sur mon banc de pierre, dans mes soixante-quatre mètres carrés...

Je me sentais aussi léger que le chapeau du ciel. Un de ces chapeaux qui tiennent comme par miracle sur la tête des belles dames les jours de brise.
De cette colline si joliment galbée, je laissais mon regard s'enfouir dans cette terre limousine qui m'était inconnue.
A mes pieds, un étang voilé discrètement d'une brume indolente. On imaginait à peine les rives. Peut-être que des fées s'y cachaient? Ou des sirènes ?
Comme j'en connaissais, des unes comme des autres, et qu'elles sont mes amies, je leur ai demandé.
Elles y étaient ce jour-là...

Et je ne le savais pas...
Vergues 2010 (93)
Vergues 2010 (96)

Posté par Tonton J à 23:12 - - Commentaires [26] - Rétroliens [0]
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vendredi 30 décembre 2011

Départ

La lune éclaire ce coin de terre d'une façon bien peu familière. Si quelque coin est oublié, cela me semble volontaire. L'air est trop calme. Presque ambigu. Vers l'ouest flâne un nuage, pelotonné contre l'horizon. Il hésite semble-t-il...
Plus au sud, vers les collines d'Artois, les hêtres ne se racontent rien. Même le rossignol se tait... et moi, je me souviens...

-Je pars cette nuit...
-Oui, je sais...
-On te l'a dit ?
-Non, mais la Terre s'est arrêtée.
-Je t'écrirai.
-Oui, je sais...
-Tu m 'écriras aussi ?
-Je te répondrai toujours...

Et le premier matin s'est posé sur le temps qu'il me restait. Il n'a pas fait frémir les gouttes de rosée déposées par les fées. Car ces enchanteresses s'en amusent : elles aiment mon regard du matin, celui qui cherche les larmes de la plus petite d'entre elles. Celle qui est partie sans bruit, une nuit d'été... Dans l'ombre d'un baiser.
Les jours d'orage, quand la terre tremble, quand l'air tressaille, la lumière se fait surnaturelle. Je m'arrête alors et, défiant tous les impératifs du présent, je jette mon regard par le trou béant que l'horizon tente d' ennuager. 
Les cendres du passé peuvent s'envoler et se confondre dans les vents, certains sourires ne s'évanouissent jamais.
BLOG lune OP DSC06007

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vendredi 16 décembre 2011

Une poule en délire...

BLOG cuisine P1040827 (12)Une poule hésitait...
Devant elle, bien rond et brillant, un ustensile de cuisine.
Casserole ou pot, marmite ou faitout, qu'importe le nom ! C'est rond et c'est lisse.
Et cet endroit ? Arène ou lice ?
Une poule hésitait...
Devant elle une ronde heure, en escomptant une réponse.
Et la minute cocotte.
Jamais sous pression mais à petite vapeur.
Et l'autre à toute vapeur et sous pression en permanence.
Son petit sifflet en érection sur le couvercle... Pfff... 

Voilà ce que je me disais en laissant se terminer la cuisson de mon velouté d'épinard.
Je tiens à préciser, en particulier à mon pote Patriarch, que j'ai bien écrit « épinard » et non non pas « et pinard » ! Je le sentais prêt à me taquiner à ce sujet !

PS : Gégé, si tu prends ton pied en lisant mes mots, je te rappelle que tu en as deux !

Posté par Tonton J à 21:56 - - Commentaires [61] - Rétroliens [0]
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