Soixante-quatre mètres carrés

Voyage tranquille au fond de mon jardin... et un peu plus loin.

samedi 7 novembre 2009

Les Pommes se cachent pour mûrir...

Dans le grenier de Gégé, les pommes se cachent pour mûrir. Cet endroit en est si parfumé que les arômes se faufilent dans les autres pièces de la maison. Il m’est impossible de me passer de cette ambiance.
Les jours qui suivent la récolte se ratatinent comme la peau des fruits. Novembre les joue en anti-mars. Et s’ils n’ont pas de rides c’est parce que la cheminée crépite. Les heures de l’amitié partagée, racontée, donnée, reçue et rendue se blottissent dans les recoins oubliés par l’été. Elles sonneront très bientôt sous un nouvel éclairage au son des bûches qui se consument.
Offerte par le retour de l’automne, cette atmosphère fruitée s’insinue partout. Du grenier, les parfums voyagent ainsi, se glissant dans les endroits les plus improbables. Alors, de temps à autre, grisés, l’un d’entre nous lance un trait.

-I’a d’la pomme !
-ouais !...I’en a !
-T’es trognon ce soir !
-Complètement pommé !
Et d’autres virtuosités lexicales d’une richesse inénarrable.

Si tu savais combien de fois notre entourage émet une réflexion très philosophique du genre : « Pffff…! » suivie d’un magistral « Et ça les fait rire ! »

Oui ! On rit de tout parce que nous ne sommes pas n’importe qui l’un pour l’autre !
Et tu vois, ce qui me fait rire ce soir, c’est que tu as réussi à me lire jusqu’au bout.
Les p’tits bonheurs se cueillent quand ils passent.
S’ils passent, c’est qu’ils sont mûrs !
Alors, fais comme moi ! N’hésite pas ! Croque !

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samedi 31 octobre 2009

Le banc de pierre est vide...

Jardin 171009 (13) Le banc de pierre est vide. Un immense abandon s’habille de parfums du soir, préparés par les ardeurs d’une journée ensoleillée. Ces exhalaisons qui se colorent de paix, de tendresse, de calme, de quiétude. Mes pensées s’imprègnent de ces couleurs que je suis seul à percevoir en ces lieux.
Au-delà du charme pyramidal arrive sans bruit une chauve-souris enjouée. Ivre de joie de vivre, elle pirouette dans mon ciel et se gave sans modération de quelques insectes téméraires. Je me demande souvent où elles peuvent se nicher. Je sais qu’il existe des nichoirs spécifiques, il faut que je me renseigne.
Je suis assis sur le banc de pierre.
Les dernières lueurs du jour abreuvent les nuages qui osent à peine frôler les limites marquées par un horizon rougissant. J’aime être surpris par des oiseaux qui passent hâtivement, pressés de rentrer au nid.
Un vol silencieux.
Un vol qui ne laisse aucune trace dans la mémoire des hommes.

Jardin 171009 (7) Ce soir, mon Gégé fermera les volets bleus pour mieux apprécier la paix retrouvée dans ses montagnes. Les murs de pierre lui assureront chaleur et sécurité. Les flammes de la cheminée chanteront sans moi cette fois-ci. La vie n’a pas toujours les couleurs des arcs-en-ciel qu’on lui souhaite. Je le rejoindrai aux prochains beaux jours.

Jardin 171009 (12) Je suis encore assis sur le banc de pierre.
La nuit vient caresser la charmille engourdie. Le crépuscule excite trois moustiques qui m’enrubannent la tête de rondes obsédantes. La nuit dernière, l’un d’entre eux a tenté de goûter à ma personne mais un sycophante de ses amis l’a dénoncé au dernier moment. Ce qui fait qu’après quelques gestes épiques, deux anophèles se réveillèrent morts à mes côtés.
L’affaire de l’oreiller sanglant à la Une du petit déjeuner. Point de tristesse ni de larmes.
Une journée de héros commence.Jardin 171009 (4)

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samedi 24 octobre 2009

La Dame au Chapeau Rouge

Quiberon mai09 (3)dameAuChapeauRouge

Un mardi. Un soir ou presque. Mes godillots s’impatientaient à la porte. Le vent se hissait en murmures jusqu’au bord du toit de la maison. La journée m’avait offert une lumière si vivante que je ne pouvais la laisser me quitter sans lui faire un petit signe, sans lui envoyer un dernier coup d’œil.
Je me rendis sur la côte ouest. Si tu savais comme mes pas sont légers dans ces cas-là !... 
La mer déroulait ses écumes soigneusement et le vent enrubannait ses humeurs d’attitudes amples et élégantes. Les rochers se laissaient accoster de bonne grâce. Quelques herbes entêtées ébrouaient leurs épis, heureuses de contribuer à la fête. Tout me ravissait : l’Océan, les vagues, le vent, les herbes, les oiseaux, les rochers, les nuages. Un tourbillon magique.
Je m’étais mis en tête de me trouver un petit coin tranquille pour m’enivrer de toutes ces belles choses. Un endroit qui ne serait qu’à moi ce soir. Je passais de rocher en pointe, de crique en plage, indécis.
C’est une mouette plus rieuse que d’autres qui m’a guidé. Me voyant perplexe devant cette immensité, elle se posa sur une pierre qui pouvait me servir de dossier. Vite installé, je me calais avec délice. Enfin !
J’étais « bien ». Juste ce qu’il faut pour bien se relaxer. Mais là, un peu sur la droite, un petit point rouge qui bouge…
Tu me connais, je suis discrètement curieux. Je me suis approché comme le feraient des chasseurs expérimentés. À pas de loup. (De loup de mer bien entendu !)
Quiberon mai09 (4)dameAuChapeauRougeLa Dame au Chapeau rouge s’était installée au bord de la falaise. Elle s’apprêtait à peindre. Son matériel d’aquarelliste rationnellement posé, le col de son manteau relevé, le couvre-chef bien enfoncé. Je me tenais à bonne distance, je ne voulais pas qu’elle me remarque.
Quiberon mai09 (5)dameAuChapeauRouge Son pinceau glissait au rythme des vagues qui déferlaient. Des mouvements agiles, précis et gracieux. Mais pourquoi le vent ne touchait-il pas à sa feuille blanche ? Semblait-elle enfermée dans une bulle ?
Je n’ai rien dit. Je n’ai pas bougé. Ou si peu. J’ai à peine ombré le lieu.
Je me demandais comment un pinceau pouvait-il capturer un fragment de l’éternité de l’océan ?
Comment la Dame au chapeau rouge, si petite et si fragile devant cette immensité indestructible, pouvait-elle emporter un instant d’authenticité ?
Quiberon mai09 (6)dameAuChapeauRouge Je l’ai regardée, presque longtemps car le soleil cambrait la ligne d’horizon.
Sur le chemin du retour, alors que je tournais le dos à la mer, j’ai trouvé un coquillage. Juste un coquillage perdu par une petite sirène. Je suis rentré à l’heure des encres noires, à l’heure où les étoiles s’écrivent des histoires à dormir. J’ai posé le coquillage sur la table de nuit.
Ne trouvant pas le sommeil, je l’ai sans cesse appliqué sur mon oreille.
Mes yeux se sont imprégnés des silences et j’ai écouté les murmures secrets de la mer.

Quiberon mai09 (100)dameAuChapeauRouge

La coquille délivrait des chuchotements capturés par amour. La Dame au chapeau rouge avait capturé la lumière, le coquillage la chanson.

Et moi, je suis resté libre !

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dimanche 18 octobre 2009

Clara.

Au lendemain du matin d’hier, à peine entoilé dans le piège d’une épeire, j’ai pris mon courage et me suis avancé à peine éveillé vers la grille du bout de l’allée. De la fenêtre de ma chambre j’avais bien aperçu un petit objet blanc qui dépassait de la boite à lettres. Je me demandais bien qui avait pu commettre cette irrévérence. Un distributeur de publicités envahissantes ? Un préposé des postes pressé ? Ou bien, ou bien…
Tu me diras que je n’avais pas à installer ma boite à lettres aussi loin, je suis d’accord ! Mais j’avais confié cette installation au compagnon de Gigi, ma voisine amoureuse des chevaux. Marcel ! Sacré Marcel !...
C’est un gaillard bâti comme un colosse. Un solide « Ch’Ti » avec des mains larges comme des pagaies et un cœur gros comme la plus haute des Collines d’Artois. Toujours prêt à rendre service. Il s’était donc proposé d’installer ma boite à lettres, une espèce de chose très britannique aux couleurs voyantes que l’on m’avait offerte le jour de mes…. (Ah ! Quand même !...).
Je lui avais précisé que j’aimerais l’avoir à deux pas de ma porte, afin de n’avoir à faire que peu de chemin.
Ma surprise fut énorme quand ce soir-là j’ai découvert l’ovni multicolore solidement implanté près de la grille de l’autre entrée, le pied noyé dans une demi-tonne de bêton. Cette allée n’était pas desservie par le service postal qui déposait le courrier à la porte principale, celle qui donne sur le boulevard. De l’autre côté de la maison. Et depuis des années, la boite s’ennuyait… Sauf aujourd’hui!
Car, ce matin, il faut que je te l’annonce comme je l’ai reçu, mon Gégé est grand-père pour la seconde fois ! Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, Titannick est grand-mère pour la seconde fois ! Ils sont donc grands parents pour la deuxième fois ! J’ai lu cette nouvelle sur un morceau de papier griffonné au stylo à bille vert :
« Clara est née !»
Délicat ce Gégé ! Ce fut le seul moyen qu’il trouva ce jour pour me prévenir de la naissance !
Une journée dont il se souviendra ! Crevaison, téléphone et Internet en panne, embouteillage, mes portes fermées exceptionnellement… et bien d’autres péripéties plus personnelles.
Un morceau de papier et un vieux stylo avaient fait l’affaire.
Rassure-toi ! depuis nous nous sommes parlés !
Clara va bien ! Gégé va bien ! Titannick va bien !

Et moi aussi !

PLAGERILLE2

vendredi 9 octobre 2009

Le silence reprit ses droits.

Jardin 290709

 

Le silence reprit ses droits. Le jardin renonça à dissimuler sa magie. Et ses mystères aussi.
Les gouttes d’eau s’animèrent, se tournant les unes vers les autres. Elles s’échangèrent des éclats d’argent, des clins d’œil retenus depuis trop longtemps. Elles qui frémissaient en silence se mettaient à danser. Les rumeurs de la ville les effleuraient à peine, celles de la campagne toute proche les ensorcelaient bien plus fort.
Jardin 020909La nuit dégrafa son corsage, exposant les novas d’un ailleurs inaccessible. Le banc de pierre se taisait. Devant toutes ces lucioles, sa sagesse se dispersait en pensées si légères… Le jardin dans son ensemble exerçait sur lui un hypnotisme croissant qui le faisait glisser vers une félicité qu’il n’aurait jamais pu imaginer.
Au bord de la terrasse, un oiseau s’était hasardé, perdu peut-être. D’un bond il disparut dans la charmille.

Jardin 270809 (16)

Le mur blanc pouvait se reposer. Heureux d’avoir reflété tant et tant de soleil cet été, il se fondait dans l’ obscurité. Heureux d’avoir laissé le lilas des Indes clôturer sa floraison en pleine gloire, il pouvait enfin se délecter d’un peu plus de lumière de lune. Heureux d’être parvenu au bout de l’été sans défaillir, il ne donnerait plus le tournis aux abeilles leurrées par sa chaleur minérale.
Sous les fougères, quelques violettes clandestines se jettent dans les bras l’une de l’autre, espérant déjà un fringant printemps. leurs soupirs s’entendent jusqu’à moi qui suis blottis sur le pas de la petite porte de bois de chêne.
C’est un endroit merveilleux. J’y vois tant de choses.
Tu n’es pas obligé de me croire mais quand la magie se manifeste, c’est d’abord par ces soupirs inaudibles pour celui qui ne veut les entendre.
Puis c’est le tamaris qui balance ses branches, saluant les hôtes secrets des lieux. Le mouvement des rameaux épouse le mouvement des nuages qu’on ne voit qu’en mirage dans les flaques de la dernière ondée.
La charmille cache les murmures des amours clandestines. Des baisers d’oiseaux s’échangent. Des coléoptères amoureux s’échangent un bruissement d’élytre et s’endorment, béatement.
Le minuscule bassin devient océan, charriant les aventures exotiques de quelques anophèles égarés.
Mais l’herbe ? Que devient cette herbe autrefois si dense ? Elle redevient ce qu’elle fut, tapis magique, moquette chlorophylle. Un peu de pluie, juste un peu d’eau récupérée, quelques tendres câlins. Rien de plus...
Mais il se fait tard, il me faut porter ce corps qui m’accompagne dans un lit. Je me dois de l’inciter à se reposer. Il ne me demande que quelques heures chaque nuit.

Jardin 270809 (20)

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samedi 3 octobre 2009

Petit tour au jardin, 26 septembre.

Jardin 260909 (15)pluieÇa et là, les perles ont été semées cette nuit par je ne sais quel malicieux génie. Sur les feuilles effilées du bambou brasillent des gouttes de pluie, fragiles et frémissantes.Jardin 260909 (14)pluie Les coccinelles osent à peine y songer les yeux ouverts. Elles y plongeront peut-être le bout d’une antenne, histoire d’entamer une toilette sommaire.
Jardin 260909 (5)pluie

Juste à côté, quelques fleurs couleur soleil s’éclatent en coquetteries ultimes, désireuses de plaire en bouquet suprême. Se faire espérer, plaire et mourir heureuses. N’est-ce pas le rêve de toutes Belles ?

Copie de Jardin 260909 (2)pluie Les althéas tentent d’émerger en hissant haut des branches estivales de bien faible notoriété. Rien ne leur servira de se hisser, les trompettes automnales ont déjà sonné. Sais-tu que ces arbrisseaux sèment leurs graines à mon insu et se régénèrent ainsi, discrètement d’abord puis avec cette effronterie qui les caractérise ? J’en retrouve partout ! Je les rempote avec les moyens du bord et les offre à qui veut se laisser envahir les plates-bandes.Sympa le jardibricoleur, non ?

Jardin 260909 (3)pluie Copie de Jardin 260909 (4)pluie

Mes chaises s’ennuient un peu. Elles se mettent autour de la table mais leur conversation tourne en rond. Elles ne savent toujours pas dans quel coin se poser. Parfois, je leur tiens compagnie, quand elles daignent accueillir le soleil et quelques degrés centigrades. C’est un endroit que les papillons visitent, glissant leurs ailes fragiles où bon leur semble. Ils savent qu’ils sont les bienvenus.Jardin 260909 (19)pluie copie

 

Dans un recoin, boudeur et bourru, mon vieil arrosoir attend le soir pour plonger son nez dans les affaires des hôtes. Il connaît tout. Il abreuve les uns, désaltère les autres, glougloutant à qui mieux-mieux. Il fait s’épanouir les secrets engourdis… Le plus souvent, je préfère l’abandonner dans les bras de la gouttière percée. Il se régale alors des incontinences du larmier. Son trop-plein de pluie étanchera la soif des gracieuses qui offriront leur corolle au sourire du jardinier.

Lilas des indes et hydrangéa Contre le mur du garage, le lilas des Indes parachève sa floraison estivale. Il fut le roi de cet été, lui le chétif arbrisseau occitan perdu dans mon septentrion.
« Jamais il ne s’épanouira chez toi ! » disaient les incrédules.
Hydrangéa et Lilas des Indes Je lui ai offert un mur immaculé, un été torride, une terrasse accueillante et quelques heures de sieste. Il m’a remercié deux mois de suite, du matin jusqu’au soir, acceptant ma compagnie et celles des abeilles.Jardin 260909 (17)pluieLa petite fée ne m’a pas rendu visite cette année. Son sourire s’enracine dans les antipodes. C’est pour cela qu’à mon été il a manqué une couleur. Une couleur qui s’est blottie pour quelques mois encore juste derrière l’horizon. Aujourd’hui, mon jardinet entre dans son automne, tranquille.

mardi 29 septembre 2009

Mes souvenirs d’école

Line  m’a proposé d’écrire mes souvenirs d’école. Je me suis posé devant mon clavier et j'ai laissé mes doigts me raconter...
Je me souviens de mes premiers contacts avec l'école. Ce ne sont que les préliminaires d'une longue histoire mais ils me reviennent toujours. Je te livre mes mots, pas toujours riants.

Ce sont quelques lignes posées autrefois. Les souvenirs sont flous et lointains.  Tu peux les lire ici.

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samedi 26 septembre 2009

Le site de Monsieur Jacques.

J'ai fouillé dans mes poches, j'ai retourné ma caisse à outils, j'ai gratté le fond de mes casseroles et je n'ai pas trouvé de mots à déposer ici. Et je passe beaucoup de temps à poser mes regards  sur d'autres blogs avec une connexion fantaisiste. Mais demain est un autre jour, et je sais que ça ira mieux!
Je vous propose le site d'un copain de longue date, que j'ai perdu un peu de vue car nos vies ont pris des directions différentes. Mais pas opposées...
Laissez-vous aller. Et dites-vous bien que son humour est de loin celui que je préfère...
"Faire l'humour, pas la guerre."
Voici le site de Monsieur Jacques.

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samedi 19 septembre 2009

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés...

Jardin 160909 (2)

 

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés, j’aime regarder le soleil prendre ses quartiers de l’ouest.
Jardin 160909 (4) Au début de l’été, je reste assis sur le banc de pierre. Une pierre de grès récupérée il y a bien longtemps au bord de la route. Elle me tendait les bras, abandonnée par un ingrat. Ces pierres se trouvaient nombreuses, disséminées au hasard des décharges ou des travaux. Combien d’entre elles sont ensevelies dans le fond de tranchées ou de dalles coulées, dans un lit de bêton, oubliées à jamais ?
Jardin 160909 (6) Ou alors je m’installe sur une des chaises orange dénichées dans un magasin des environs. Bien confortables et vivant en couple, elles occupent une étagère de mon garage pendant la froide saison. Une belle et grande étagère où règne en maîtresse une triple échelle solitaire.
Jardin 160909 (5) Je reste assis jusqu’aux dernières lueurs. Banale activité me diras-tu ? Peut-être… mais pour qui a été privé un jour de lumière, cette activité est vitale ! Je suis myope, tu le sais également. Le dernier geste avant de m’allonger sur un lit est de poser mes lunettes juste en dessous, prêtes à être saisies au premier bruit, ou à la première lueur du jour… Il me faut les chausser! Ultime lueur du jour, initiale lueur du jour. Je me débrouille pour ne pas les manquer. Dans la mesure du possible.
Jardin 160909 (7) Titannick m’a démontré un jour que je devais en manquer souvent de ces moments-là ! Non ! Lui ai-je répondu. Sa seule présence était lumière. Et ma journée était complète. Que ne ferais-je pas pour dénicher un gros bisou ?... Mais j’avoue qu’elle a raison. La vie est ainsi faite. Je n’ai pas toujours l’occasion d’être présent au spectacle. Alors, en ces moments un peu plus sombres, je me souviens des jours de lumière.
Jardin 160909 (8) Voila pourquoi mes journées grises sont ensoleillées ! Voila pourquoi je n’hésite pas à sourire à qui n’en a pas envie ? Il me le rend, plus ou moins timidement. Ou discrètement. Ou à sa façon. Mais je sens toujours la présence d’un sourire au fond des yeux, parfois au fond du cœur.
Jardin 160909 (9) Je connais bien le nom de deux ou trois réfractaires dont je tairai le nom car Rolland et Gilbert seraient fâchés. En général, je sors des magasins avec le sourire. Et j’essaie de le faire en toute situation, comme hier, à la Sous-Préfecture. Mais où en étais-je ?
Ah oui !... Le coucher de soleil...
Jardin 160909 (13) Je bavarde et le temps a changé de dimensions. Il est de l’autre côté du monde maintenant. Qu’il était beau le lever du soleil de ce matin !
Et que tu étais belle au sortir de ta nuit !Ne me demande pas comment je le sais...
Et toi aussi ! Je t’imagine engourdie, dépliant tes bras, avide de les croiser avec d’autres.
Mais toi aussi ! Ne crois pas que je ne t’imagine pas ! Je te vois te lever, la tête tournée vers la première lumière de la journée.
Jardin 160909 (14) Il fera très beau demain matin.J'irai peut-être au marais.

Debout dans mes soixante quatre mètres carrés, mes gigantesques soixante quatre mètres carrés, j'ai pris quelques photos, rien que pour toi.

Jardin 160909 (15)

Jardin 160909




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